Diabète : 5 types de diabète au lieu de 2 ?

Apr 1, 2018 par

Et si la distinction en deux types de diabète était finalement trop imprécise ? C’est en s’interrogeant sur cette problématique de la description « des diabètes » que des chercheurs suédois ont entrepris une étude clinique sur près de 9000 patients diabétiques. En analysant et comparant certaines de leurs données médicales, ils ont mis en évidence que le diabète se divisait, finalement, non pas en 2 types de diabète mais en 5. Quelles sont ces nouvelles catégories caractérisant l’hyperglycémie chronique ?

médecins discutant des types de diabète

La classification des types de diabète à l’heure actuelle

Aujourd’hui, la distinction entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2 est réalisée en mesurant, dans le sang, la présence, ou pas, d’auto-anticorps dirigés contre les cellules bêta des ilots de Langherans du pancréas.

En effet, les individus touchés par le diabète de type 1 possèdent certains anticorps (des protéines appartenant au système de défense de l’organisme) qui ne reconnaissent plus les cellules sécrétrices d’insuline (hormone hypoglycémiante) du pancréas et les attaquent au même titre qu’un virus ou une bactérie. C’est précisément cette particularité du diabète de type 1 qui en fait une maladie auto-immune.

Au fil du temps, les individus sécrètent de moins en moins d’insuline car leurs cellules bêta sont endommagées ou détruites et ils sont alors obligés de suivre une insulinothérapie. On parlera alors de diabète insulino-dépendant.

De l’autre côté, on classe donc les diabète de type 2 pour qui la dérégulation de la glycémie n’est pas causée par une réaction auto-immune de l’organisme mais par une insulino-résistance. Autrement dit, le patient secrète de l’insuline normalement mais ses cellules réceptrices de cette hormone ne sont plus aptes à interpréter correctement ce signal pour exécuter un ensemble de réactions biochimiques qui vont, finalement, faire baisser le taux de sucre dans le sang. On parlera alors de diabète non insulino-dépendant puisque les patients n’ont pas besoin, à priori, d’avoir recours à de l’insuline exogène. La stratégie pharmacologique initiale pour ces patients réside, par exemple, dans la prise de médicaments augmentant la sensibilité à l’insuline et favorisant la captation et l’utilisation périphérique du glucose.

Hormis ces deux grands types de diabète, on décrit aussi souvent :

  • Le diabète gestationnel : diabète survenant chez la femme enceinte ;
  • Les diabètes Modysurvenant généralement durant l’adolescence ou chez l’adulte jeune et liés à des défauts génétiques de la fonction des cellules bêta pancréatiques ;
  • Les diabètes secondaires liés à une pathologie ou un traitement pharmaceutique.

Face à cette classification en place depuis la fin du 19ème siècle et compte tenu de la complexité du diabète, dévoilée notamment grâce aux progrès d’investigations en médecine clinique et en biotechnologie, les chercheurs suédois ont voulu caractériser plus finement la maladie métabolique.

Une description plus détaillée du diabète de type 2

Pour mener à bien leur étude clinique, les chercheurs encadrés par le Professeur Groop de l’université d’Helsinki et du centre universitaire sur le Diabète de Lund, ont mesuré, calculé ou analysé chez les 8980 diabétiques nouvellement diagnostiqués :

  • La glycémie,
  • L’âge au diagnostic,
  • L’Indice de Masse Corporelle (IMC) ;
  • La présence d’anticorps anti-GAD (Glutamate Decarboxylase) ;
  • Le score de l’insulino-résistance ;
  • Leur patrimoine génétique ;
  • Leur traitement et les complications liées à la maladie.

À savoir ! Dans cette étude, le score de de l’insulino-resistance a été mesuré à l’aide du calcul de l’indice de l’HOMA-IR (Homeostasis Model Accessment of Insuline resistance) qui s’obtient par un calcul impliquant la valeur plasmatique d’insuline ou de C-peptide et de glycémie à jeun. Un indice HOMA supérieur à 2,4 est diagnostique d’une insulinorésistance.
Il met en évidence une résistance insulinique avant même l’apparition du diabète permettant alors de proposer au patient des mesures hygiéno-diététiques, voire l’introduction d’un traitement pour diminuer l’insulinorésistance.

En classant l’ensemble de ces données biologiques et cliniques en fonction de leurs valeurs ou de leurs caractéristiques, les chercheurs ont remarqué que 5 types de diabètes se détachaient.

Le 1er groupe (6%) reprend le diabète de type I, soit le diabète auto-immun et s’identifie par une apparition précoce dans la vie, une diminution de la sécrétion d’insuline, un mauvais contrôle du métabolisme et la présence des anticorps anti-GAD.

Le diabète de type 2 peut être subdivisé en 4 groupes dont :

  • Groupe 2 : Diabète insulino-déficient sévère (18%)
    Les patients ont une carence insulinique précoce, une résistance modérée à l’insuline, un IMC peu élevé, mais une absence d’auto-anticorps les différenciant du groupe 1. La prescription l’insuline est fortement encouragée. Ce groupe se caractérise par une fréquence plus élevée de rétinopathies diabétiques (atteinte de l’œil et de la rétine).
  • Groupe 3 : Diabète insulino-résistant sévère (15 %)
    Dans ce groupe, les patients ont un IMC élevé avec une résistance sévère à l’insuline.
    Ces individus présentent une fréquence plus élevée d’atteintes rénales avec un risque d’insuffisance rénale élevé par rapport aux autres groupes.
  • Groupe 4 : Diabète modéré lié à l’obésité (22 %)
    Ce groupe comprend les patients avec un IMC élevé, et un diabète apparaissant à un jeune âge.
  • Groupe 5 : Diabète modéré lié à l’âge (39%)
    Les patients sont en général plus âgés et leurs perturbations métaboliques sont modérées.

Pour affirmer ou infirmer l’universalité de cette subdivision du diabète, d’autres travaux du même type sont en cours avec des populations chinoises ou indiennes.

Julie P., Journaliste scientifique

– Novel subgroups of adult-onset diabetes and their association with outcomes: a data-driven cluster analysis of six variables. The Lancet. E.Ahlqvist et al. Consulté le 14 mars 2018.
– Diabète : à la rencontre des autres types. S. Coito. JIM. Consulté le 14 mars 2018
Julie P.
Journaliste scientifique.
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