Diabète : l’espoir de la greffe de cellules souches progénitrices de pancréas

Mar 26, 2019 par

Être diabétique de type 1 signifie s’injecter, quotidiennement et à vie, de l’insuline. Pour limiter l’impact de l’insulinothérapie sur la qualité de vie des patients, les scientifiques tentent de trouver des alternatives thérapeutiques, mais aussi de parvenir à guérir le diabète de type 1. Leurs espoirs se fondent notamment sur la thérapie cellulaire, en s’appuyant sur les potentialités de cellules souches. Un premier essai clinique européen est justement en cours sur ces cellules.

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Diabète de type 1 et thérapie cellulaire

Pour guérir le diabète de type 1, les médecins et scientifiques étudient deux possibilités, d’une part la greffe de pancréas, et d’autre part la thérapie cellulaire, basée sur les cellules souches. Les cellules souches sont des cellules capables de se transformer en de multiples types cellulaires spécialisés. De nombreuses années de recherche ont été nécessaires pour parvenir à transformer des cellules souches en cellules béta des îlots de Langerhans, les cellules pancréatiques productrices d’insuline.

Ces cellules souches progénitrices de pancréas sont utilisées dans le cadre du premier essai clinique européen de thérapie cellulaire du diabète de type 1. Cet essai est mené dans un hôpital bruxellois, en parallèle de l’évaluation clinique réalisée aux USA en 2018. Les cellules souches progénitrices de pancréas, c’est-à-dire capables de se transformer en cellules productrices d’insuline, sont encapsulées dans des petites sphères, qui sont ensuite implantées directement sous la peau des patients.

Des cellules capables de sécréter de l’insuline pour réguler la glycémie

Pendant la première phase de l’essai clinique, les chercheurs évaluent deux paramètres essentiels :

  • La capacité des cellules souches implantées à se transformer en cellules productrices d’insuline pour réguler la glycémie ;
  • La tolérance immunitaire des cellules implantées, sachant que les patients sont traités avec des médicaments immunosuppresseurs pour limiter le risque de rejets.

Dans un second temps, les chercheurs s’intéressent à la production d’insuline par les cellules souches, pour mieux contrôler la glycémie du patient. En effet, les cellules doivent être capables de sécréter des doses adaptées d’insuline, en réponse aux variations du taux de glucose sanguin, pour obtenir un contrôle fin de la glycémie, sans hypoglycémie ou hyperglycémie.

Jusque-là, trois patients diabétiques de type 1 ont déjà pu bénéficier d’une greffe de ces cellules souches progénitrices de pancréas dans le cadre de cet essai, mais d’autres greffes sont d’ores et déjà envisagées. Les implants sont retirés à des intervalles réguliers et analysés. Les premiers résultats de cet essai seront publiés dès que les chercheurs auront pu analyser suffisamment de données.

Une alternative prometteuse à la greffe de pancréas

Jusque-là, la seule possibilité pour guérir le diabète de type 1 restait la greffe de pancréas, à partir d’un pancréas issu de donneur décédé. Mais cette option thérapeutique se heurte à de multiples difficultés, à commencer par un risque de complications graves et un faible nombre de greffons disponibles face à une longue liste d’attente. La greffe de pancréas reste ainsi réservée à des patients dont le pronostic vital est mis en jeu, en raison des complications graves de leur diabète.

En 2017, seulement 96 greffes de pancréas ont été effectuées en France. Depuis quelques années, des greffes de cellules pancréatiques béta, prélevées sur des pancréas issus de donneurs décédés, se sont développées, mais à nouveau les possibilités sont limitées en raison du faible nombre de greffons.

La transformation de cellules souches en cellules progénitrices de pancréas est donc une avancée prometteuse. Patients, familles et médecins attendront donc avec impatience les résultats de ce premier essai clinique en Europe !

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Greffes de cellules progénitrices du pancréas : le premier essai européen a débuté. Medscape. Consulté le 25 mars 2019.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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