Analogues du GLP-1 et addictions : ce que révèle une grande étude

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Rédigé par Julie R. et publié le 18 mai 2026

Les analogues du GLP-1 sont des médicaments utilisés contre le diabète de type 2 et l’obésité. Des noms comme Ozempic ou Wegovy sont devenus familiers du grand public ces dernières années. Une étude publiée début 2025 dans la revue médicale The BMJ suggère que ces médicaments pourraient avoir un effet inattendu sur les comportements addictifs. Quelles substances sont concernées ? Comment expliquer cet effet ? Que peut-on en conclure concrètement ? On fait le point.

GLP1 et addictions
 

Les analogues du GLP-1 associés à un moindre risque d’addiction

Des chercheurs américains ont suivi plus de 600 000 patients diabétiques pendant trois ans. Une partie était traitée par analogues du GLP-1, l’autre par un médicament antidiabétique différent. Résultat : les patients sous aGLP-1 présentaient un risque significativement plus faible de développer des problèmes avec l’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne ou les opioïdes.

L’effet concerne toutes les drogues étudiées, ce qui a surpris les scientifiques eux-mêmes. Chez les patients ayant déjà des antécédents d’addiction, les résultats sont encore plus marqués : moins de passage aux urgences, moins d’overdoses.

À savoir. Les analogues du GLP-1 agissent sur des circuits cérébraux impliqués dans la sensation de plaisir et de récompense. C’est ce mécanisme qui pourrait expliquer leur effet sur les addictions. Mais ce lien n’est pas encore pleinement compris.

Effets des analogues du GLP-1 sur les addictions : des résultats à interpréter avec prudence

Ces données sont encourageantes, mais elles ne permettent pas de conclure que les aGLP-1 traitent les addictions. L’étude, dite observationnelle, compare des groupes de patients sans établir un lien de cause à effet. D’autres facteurs, non mesurés, pourraient expliquer une partie des différences observées.

Les auteurs soulèvent eux-mêmes plusieurs limites. La population étudiée, majoritairement des hommes âgés, n’est pas représentative de l’ensemble des personnes concernées par les addictions. Par ailleurs, les aGLP-1 n’ont pas été comparés aux traitements validés des addictions, comme les substituts opiacés ou l’accompagnement psychosocial. Ces approches restent la référence et ne doivent pas être remises en question sur la base de cette seule étude.

Ces résultats pourraient orienter le choix du traitement antidiabétique chez un patient présentant aussi un risque addictif. Mais il ne s’agit pas d’une solution miracle.

 

Des pistes sérieuses, mais des questions qui restent ouvertes

Ces travaux s’inscrivent dans un ensemble de recherches qui s’accumulent autour des analogues du GLP-1 et des addictions. De précédentes études avaient déjà suggéré un effet bénéfique sur la consommation d’alcool ou de tabac. L’originalité de cette nouvelle publication tient au grand nombre d’individus suivis et à la diversité des substances concernées.

Pour aller plus loin, des essais cliniques rigoureux sont nécessaires. Ils devront inclure des populations plus variées, notamment des personnes non diabétiques, et mesurer l’effet des aGLP-1 face aux traitements existants. Si les bénéfices se confirment, une question pratique se posera rapidement : celle du coût et de l’accès. Ces médicaments sont déjà difficiles à obtenir pour les patients diabétiques et obèses qui en ont besoin. Ouvrir de nouvelles indications ne devra pas aggraver cette situation.

 

Les analogues du GLP-1 pourraient représenter une piste sérieuse dans la prévention et la prise en charge des addictions. Les données disponibles sont encourageantes, mais la recherche doit encore confirmer ces résultats sur des populations plus larges. En attendant, les traitements validés contre les addictions restent indispensables et ne doivent pas être abandonnés.

 

Sources
– Agonistes des récepteurs du peptide -1 de type glucagon et risque de troubles liés à l’usage de substances chez les vétérans américains atteints de diabète de type 2 : étude de cohorte. www.bmj.com. Consulté le 8 avril 2026.