Diabète de type 2 : sa rémission encore mal considérée

Oct 1, 2017 par

Depuis une quinzaine d’années, le diabète de type 2 est en augmentation constante en France, avec une hausse de 5,4% chaque année. Même s’il est désormais possible de faire reculer les symptômes de la maladie, elle reste néanmoins encore trop considérée, à tort, comme incurable.  En se penchant sur des données de santé publique, des chercheurs britanniques se sont aperçus que les professionnels de santé manquaient de consensus pour évaluer justement le nombre de patients atteints de diabète de type 2 en rémission.

Des cas de rémission trop faibles

Avec le surpoids et l’obésité, les individus développent un ensemble de pathologies métaboliques dont le diabète de type 2. Dans cette maladie évolutive chronique, l’insuline, l’hormone sécrétée par le pancréas et chargée de faire diminuer les taux de sucre dans le sang, perd en efficacité. Pour compenser cette défaillance, les patients doivent donc suivre un traitement (antidiabétiques oraux, insulinothérapie).

Pendant longtemps, on a pensé que les médicaments étaient la seule façon de contrôler ce diabète. Mais, la chirurgie bariatrique ou certains régimes alimentaires associés à des activités physiques ont montré que la maladie n’est pas une fatalité et que certains patients pouvaient rentrer en rémission en suivant une hygiène de vie appropriée.

À savoir ! Pratiquée chez les personnes en obésité avancée, la chirurgie bariatrique a pour objectif de modifier, dans l’organisme, l’absorption des aliments. La gastroplastie, le ballon gastrique et le by-pass gastrique sont des chirurgies bariatriques.

En analysant la base de données des services de santé écossais, Louise McCombie et son équipe de l’école de médecine de Glasgow, ont montré que moins de 0,1 % des diabétiques de type 2 sont enregistrés comme étant en état de rémission. Pour les chercheurs, ce pourcentage si minime de patients en rémission ne reflète pas totalement la réalité du terrain.

Même s’il est vrai que peu de patients tentent d’atteindre l’état de rémission en suivant une hygiène de vie stricte, les professionnels de santé restent, dans la majorité des cas, trop prudents à l’idée de déclarer un patient en rémission.

Comment expliquer ce comportement ?

Selon les chercheurs, il n’existe pas de consensus international autour de la définition de la rémission du diabète et les professionnels de santé restent trop vigilants pour déclarer une rémission.

Pour l’association américaine du diabète, la rémission se caractérise par un taux d’hémoglobine glyquée inférieur à 6,5 % et une glycémie (taux de glucose dans le sang) à jeun de moins de 1 g/L sans traitement.

À savoir ! Le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) représente la part d’hémoglobine (le pigment colorant le sang) qui a fixé du glucose.  Le résultat de cet examen permet d’avoir une vision de l’équilibre du diabète. Exprimée en pourcentage, l’hémoglobine glyquée est le reflet de l’équilibre du glucose dans le sang des deux à trois mois précédents l’analyse.

Pour les auteurs de l’étude, la mesure de l’hémoglobine glyquée seule ou de la glycémie seule doit suffire à identifier la rémission du patient. Selon eux, réaliser deux tests d’hémoglobine glyquée à deux mois d’intervalle pour confirmer la rémission serait une solution plus fiable.

Prendre en charge le diabète de type 2 différemment

Tout d’abord, les résultats publiés dans la revue BMJ souligne que la prédisposition génétique et le vieillissement ont un rôle dans le diabète de type 2, mais il est rarement observé sans gain de poids.

Selon les recommandations cliniques, l’abaissement de la glycémie ou des concentrations d’HbA1c (hémoglobine glyquée) reste le principal objectif dans la gestion du diabète de type 2.

Pour les chercheurs, cette vision est trop restrictive et il est urgent de ne plus focaliser les recommandations sur le traitement des conséquences du diabète mais sur la possibilité d’obtenir un retour à une glycémie normale par la combinaison d’un traitement médical et d’un régime alimentaire optimisé.

Les chercheurs pointent du doigt le fait que la plupart des médicaments antidiabétiques mis sur le marché ne sont pas évalués dans des essais cliniques intégrant, en parallèle, un régime alimentaire et un mode de vie adapté à la pathologie.

De plus, des preuves cohérentes montrent que la perte de poids est associée à une espérance de vie prolongée pour les personnes atteintes de diabète de type 2. Une perte de poids d’environ 15 kg entraîne souvent une rémission biochimique du diabète de type 2, restaurant la fonction des cellules bêta du pancréas.

Actuellement, l’équipe de Louise McCombie continue de travailler sur cette prise en compte de la rémission du diabète. L’ensemble de ces résultats seront présentés lors du Congrès de la Fédération Internationale du Diabète qui se tiendra à Abou Dabi, du 4 au 8 décembre prochain.

Julie P., Journaliste scientifique

– Beating type 2 diabetes into remission. BMJ. McCombie et al. Le 13 septembre 2017.
– Patients et médecins n’imaginent pas (à tort) que la rémission du diabète est possible. Le Quotidien du médecin. Damien Coulomb. Le 18 septembre 2017.
Julie P.
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