Trois idées reçues sur le diabète

Pensez à laisser un commentaire, une surprise vous attend !

Le diabète est une maladie extrêmement fréquente avec environ 3 millions de patients traités en France, et l’on prévoit dans l’hexagone et dans le monde une explosion du nombre de patients dans les prochaines décennies, avec une augmentation de plus de 40 % dans les pays développés. Cette maladie est susceptible d’entraîner des complications. Elles peuvent être prévenues par un traitement adéquat qui permettra d’équilibrer le taux de sucre.

Trois idées reçues sur le diabète
Avoir du diabète » signifie que le taux de sucre, ou « glycémie », mesuré à jeun est élevé, au-dessus de 1,26 g/l. Il s’agit dans tous les cas et pour tous les types de diabète d’un défaut de production de l’insuline, associé ou non à d’autres anomalies. Cette maladie recouvre en fait plusieurs entités, la plus fréquente (85 % des cas) étant le diabète de type 2, souvent appelé diabète non insulinodépendant ou diabète gras.

Le diabète de type 2 concerne surtout les sujets adultes, au-delà de 40-50 ans et souvent en surpoids. Des cas de diabète sont souvent retrouvés dans la famille, dans 30-40 % des cas. Son traitement va reposer en priorité sur le respect d’une bonne hygiène alimentaire et une activité physique régulière, ceci associé à un traitement médicamenteux. De nombreuses idées reçues courent au sujet de cette maladie.

Le diabète, lié à une alimentation sucrée ?

La première réaction des patients ou de leur entourage à l’annonce du diabète est souvent : « Mais je ne mange pas de sucre ! » En ce qui concerne le diabète de type 1, plus rare, il n’y a pas de rapport entre son apparition et l’alimentation sucrée. Dans le cas très majoritaire du diabète de type 2, il s’agit moins de la consommation de sucre proprement dite, que de la consommation calorique et du surpoids. En effet, si une alimentation trop riche en glucides risque d’apporter trop de calories, dans nos pratiques alimentaires habituelles, les calories sont majoritairement apportées par les aliments riches en lipides. Pour la majorité des patients, comme pour les personnes à risque susceptibles de faire un diabète de type 2, il faudra donc, le plus souvent, faire attention en priorité à leur poids et à ce qui le détermine : excès alimentaires et sédentarité sont des facteurs aggravants. Il est vrai que la consommation de produits sucrés – boissons (jus de fruits, sodas), pâtisseries, friandises – est à éviter et que des apports en féculents excessifs devront être corrigés, mais, encore une fois, c’est avant tout l’excès calorique qui est responsable de l’apparition du diabète ainsi que de ses complications. La nature des sucres semblerait avoir tout de même une importance, avec un risque plus élevé de développer un diabète si la consommation de sucres simples augmente (sucre, sucreries, boissons sucrées) mais les données sur ce point restent contradictoires.

Le diabète entraîne fatalement des complications gravissimes, telles les amputations ou la perte de la vue

S’il existe des complications encore trop fréquentes du diabète, elles ne sont en rien inéluctables. Il s’agit en fait de complications du déséquilibre du diabète pendant des années et de l’hypertension ou de l’excès de cholestérol qui lui sont souvent associés, plutôt que de conséquences du diabète lui-même. Des années de déséquilibre peuvent entraîner des lésions de la rétine, des lésions des nerfs innervant la jambe et le pied ou des lésions des grosses artères comme les artères coronaires qui alimentent le muscle cardiaque. La médecine moderne sait prévenir puis contrôler ces complications, soit en équilibrant le diabète avant qu’il ne soit à risque, soit en dépistant ces complications qui peuvent être traitées avant d’atteindre une situation critique. L’annonce du diagnostic n’est donc pas une fatalité.

Je suis traité par insuline, donc c’est grave

L’insuline a souvent mauvaise presse auprès des patients ou de leur famille. On lui attribue de nombreuses complications et les patients craignent alors que le diabète ne « devienne insulinodépendant ».

En fait, les deux principales différences avec les autres traitements sont :

– d’une part que ce médicament n’est pas disponible par voie orale, mais par injections avec des « stylos » presque indolores ;

– d’autre part, que le traitement par insuline nécessite souvent une adaptation des doses au quotidien par le patient, contrairement à la majorité des traitements médicamenteux qui ne requièrent pas de modifications régulières à l’initiative des patients. Ceci signifie que le patient devient un acteur à part entière de son traitement, plus qu’avec d’autres maladies ou traitements. On ne devient pas insulino-dépendant parce que de l’insuline figure sur l’ordonnance, pas plus que l’on ne redevient insulino-indépendant quand l’ordonnance est terminée. Il n’existe pas de dépendance à ce médicament. Le traitement par insuline est nécessaire à l’organisme quand ce dernier ne parvient plus à fabriquer la quantité requise seul ou avec l’aide d’autres traitements. Cette nécessité du recourt à l’insuline dépend du type et de l’évolution du diabète, pas de la prescription du médecin. Par exemple, lors d’une hospitalisation pour un problème aigu ou lors d’une grossesse, les autres antidiabétiques sont souvent contre-indiqués et l’insuline sera utilisée de façon transitoire avant la reprise du traitement antérieur. L’exemple le plus typique est celui du diabète gestationnel dont le caractère « insulinodépendant » s’arrête le jour de l’accouchement pour la plupart des femmes. Son administration en injection n’a rien à voir avec une quelconque dépendance.

En résumé, le diabète est une maladie fréquente. Dans son traitement, le comportement alimentaire et l’activité physique jouent un rôle important. Ses complications méritent une prévention et un dépistage efficaces. Bien que contraignant, le traitement par insuline souvent redouté par les patients ou leur famille est pour le diabétologue l’une des options à évoquer, en fonction du profil du patient et de l’histoire de son diabète.

Par le Docteur David Lévy, diabétologue au Centre Hospitalier de Courbevoie, Neuilly, Puteaux
Source : http://www.neuillyjournal.com/sante-neuilly-sur-seine/sante/item/7963-trois-idees-recues-sur-le-diabete   Publié le 06/02/2015

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez cette cases pour choisir votre article

Ce blog est dofollow ! Boosté par WP-Avalanche