Suivi des ados diabétiques par conférence Skype : aussi bien qu’à l’hôpital

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Portland, Etats-Unis L’adolescence est une période difficile pour les jeunes diabétiques de type 1, qui met à mal l’observance. D’où l’idée d’une équipe de Portland (Etats-Unis) de recourir aux moyens de communications prisés par les jeunes pour garder le contact. Ces derniers ont comparé l’impact, en termes de contrôle glycémique, d’une thérapie familiale, ado + parents, réalisée de manière conventionnelle en face-face, à celui d’une téléconférence de suivi par Skype.

Pari gagné : l’étude montre que, chez l’adolescent DT1, Skype fait aussi bien qu’un entretien classique d’éducation thérapeutique en face-face sur le contrôle glycémique et l’observance des traitements. Les résultats ont été publiés dans Diabetes Care [1].

Thérapie familiale à l’adolescence aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, une thérapie familiale systémique, de type cognitivo-comportementale dédiée au diabète (Behavorial Family System Therapy-Diabetes, BFST-D), est proposée aux adolescents DT1. Il s’agit avant tout d’améliorer la communication au sein de la famille et de trouver des solutions en cas de conflit en lien avec la gestion du diabète. Cette méthode, délivrée par des professionnels de santé formés, a fait ses preuves en matière de contrôle glycémique chez les adolescents.

Néanmoins, le manque de disponibilités, l’éloignement et le coût d’un tel suivi, en particulier dans les zones rurales, constituent un frein à sa mise en place. En s’appuyant sur le développement des techniques de téléconférence, notamment en santé mentale, des chercheurs de Portland ont eu l’idée de comparer un suivi d’éducation thérapeutique utilisant la méthode BFST-D donné de façon classique, donc en face-face, dans un centre médical avec ce même suivi mais cette fois par visioconférence, en l’occurrence Skype.

Améliorations significatives de l’adhésion et du contrôle glycémique

Quatre-vingt dix adolescents entre 12 et 18, accompagné d’au moins un tuteur légal, dont le contrôle glycémique n’était pas optimal ont été randomisés et ont suivis jusqu’à 10 séances de thérapie familiale avec un professionnel sur 12 semaines. Les participants étaient dédommagés financièrement pour chaque questionnaire complété, les frais kilométriques remboursés en cas de déplacement et un ordinateur portable fourni si nécessaire. Les adolescents avaient 15 ans d’âge moyen, 55% étaient des garçons et caucasiens pour la grande majorité (87,8%). Le taux total de sortie d’étude a été de 21%.

Les résultats ont montré que les interventions, quelle que soient la façon dont elles étaient délivrées, face-face ou Skype, ont conduit à des améliorations significatives de l’adhésion au traitement médicamenteux et non médicamenteux (p<0,001) et du contrôle glycémique (p<0,01), l’une mesurée par questionnaire, l’autre par la mesure de l’HbA1c, qui se sont maintenues pendant les 3 mois de suivi post-intervention.

Des analyses statistiques répétées (ANOVA) n’ont retrouvée aucune différence entre les deux groupes sur les deux paramètres, adhésion et contrôle glycémique (P = 0,77), avant, pendant ou après la thérapie, et après les 3 mois de suivi.

De façon intéressante, la distance lors des entretiens par Skype n’a pas entamé le lien étroit qui s’est établi entre les protagonistes, garant de la réussite de l’opération. Les auteurs précisent en effet que parents et enfants ont rapporté une alliance thérapeutique de même force entre eux et le thérapeute, quelle que soit le média utilisé pour communiquer.

Suivi par Skype pour tous ?

Malgré tout un certain nombre de limites peuvent être émises.

Primo, les auteurs sont conscients que cette étude a été réalisée dans une population très majoritairement blanche, et estiment nécessaire de réaliser la même étude avec des jeunes issus des minorités ethniques – très concernés eux aussi par l’augmentation des cas de diabète.

Secundo, presque tous les adolescents de l’étude recevaient leurs soins au sein d’un centre médical urbain. En milieu rural, les jeunes sont souvent suivis par des professionnels qui disposent de moins de formation et de moins de moyens. La prise en charge des jeunes diabétiques pourraient être différente.

Tertio, le taux d’abandon a été plus élevé dans le groupe « visioconférence ». Peut-être, imaginent les auteurs, parce que ce type de rendez-vous demande moins d’investissement personnel que lorsqu’il s’agit de se déplacer physiquement.

Enfin, les participants ont été dédommagés financièrement pour le temps et l’effort fourni, ce qui constitue un biais.

En conclusion, ce travail montre la faisabilité d’un suivi à distance par visioconférence. Sans remplacer les consultations d’éducation thérapeutique, cette alternative est à envisager en complément ou lorsque les distances kilométriques sont trop grandes et dissuasives. L’utilisation des nouvelles technologies, part intégrante de la vie des ados, peut aussi se révéler attractif.

Des modifications psychologiques et hormonales
A l’adolescence, le jeune est à la fois plus vulnérable et plus autonome. La rigueur et la responsabilité qu’impose la surveillance glycémique ne sont pas toujours en adéquation avec son désir de se conformer ou pas à la norme. A cet âge, le rapport au corps, et donc à la maladie, change, sans oublier que l’adolescence favorise les comportements à risque.Enfin, la croissance pubertaire et les modifications hormonales inhérentes rendent plus difficiles le traitement insulinique de substitution [2].

En 2007, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis des recommandations spécifiques de prise en charge, basée sur un suivi hospitalier en secteur pédiatrique spécialisé, en partenariat avec les médecins généralistes [3].

Les auteurs n’ont pas déclaré de liens d’intérêt.

REFERENCES :

  1. Harris MA, Freeman KA, Duke DC. Seeing Is Believing: Using Skype to Improve Diabetes Outcomes in Youth. Published online before print June 1, 2015, doi: 10.2337/dc14-2469 Diabetes Care June 1, 2015
  2. Inserm. Lancement de l’étude ENTRED-Ado auprès de 650 jeunes diabétiques. 07 novembre 2008.
  3. HAS. Recommandations – Diabète de type 1 de l’enfant et de l’adolescent. 2007.

Source : http://www.medscape.fr/voirarticle/3601586   Publié le 30/06/2015

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