Radiés de la Sécu, ils plaident pour simplifier un système «ubuesque»

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Diabétique, il s’est privé d’insuline. Récemment opérée d’une tumeur, elle a renoncé aux soins de suite. Des malades ont témoigné mardi de risques encourus parce qu’ils avaient été radiés de la Sécu à la suite d’imbroglios administratifs.

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«J’ai commencé à sauter quelques piqûres. Il n’y a pas trop de dégâts apparents, mais ça fait mal à la tête». Dominique, un quinquagénaire souffrant de diabète, a raconté lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale comment il avait diminué ses traitements faute de couverture maladie. Après trois ans au Luxembourg, malgré un statut d’auto-entrepreneur, il n’est jamais parvenu à s’affilier au régime de protection sociale des indépendants (RSI). Au début, il a financé les traitements de sa poche, puis de celle d’un ami. Mais un jour, les sources de financement se sont taries et les injections se sont espacées.

Comme lui, près de 800 personnes ont livré des récits de leurs relations «ubuesques» avec la Sécu à l’association «24 Heures vitales» qui soutient les assurés privés de carte vitale suite à un changement de statut (d’étudiant à salarié, d’indépendant à chômeur…), d’adresse, de perte de papiers ou de simple bug informatique. L’association a mis ces témoignages en ligne et lancé une campagne, soutenue selon elle par des parlementaires UMP, PS et EELV, pour obtenir une «simplification» de l’assurance maladie. «Nous demandons à la Caisse nationale d’assurance maladie (CPAM) que chaque personne sans carte vitale soit reçue personnellement sous 48 heures pour qu’on lui remette une carte provisoire», a déclaré la présidente de l’association Véronique Picard lors du point-presse. «Il faut unifier les différents régimes de couverture sociale, à commencer par le régime étudiant», a ajouté Mme Picard, dont le fils est décédé en février 2014 après un an sans couverture maladie.

Le jeune homme avait été radié de la caisse des étudiants à la fin de son cursus scolaire et avait rencontré de nombreux obstacles dans son inscription au régime général. Insulino-dépendant, il n’avait pas pu être suivi par un diabétologue pendant cette période. Auteur d’une proposition de loi sur le système de sécurité sociale des étudiants, la sénatrice Catherine Procaccia (UMP) a également souhaité le rattachement de ces jeunes à la CPAM ou à leurs parents. «Il faut des décisions pour éviter des drames. C’est une question de vie ou de mort», a renchéri le député Jean-Frédéric Poisson (chrétien-démocrate).

Aline Dhaine, 32 ans, en sait quelque chose. Salariée en Autriche, elle avait dû être opérée d’une tumeur au cerveau. Souffrant d’une embolie pulmonaire après l’intervention, elle avait voulu rentrer en France, où elle s’est retrouvée sans aucun droit. «Pour m’inscrire au régime général, on me demandait de travailler 60 heures, mais j’étais en partie paralysée. Et il faut des mois pour obtenir la CMU», Couverture maladie universelle, a-t-elle expliqué. Faute de moyens, elle a renoncé à des anticoagulants. «Je me suis rendue très malade. Je vomissais du sang». Son salut, elle le doit à une intervention du Défenseur des droits qui a débloqué sa situation. Celui-ci a lancé en décembre un appel à témoignages sur les dysfonctionnements des mutuelles étudiantes. Il devrait publier un rapport sur le sujet fin mars.

Source : http://www.lalsace.fr/actualite/2015/03/10/radies-de-la-secu-ils-plaident-pour-simplifier-un-systeme-ubuesque   Publié le 10/03/2015

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