Obésité : mieux comprendre l’inflammation pour mieux la traiter

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L’obésité expose à de multiples maladies et globalement, raccourcit l’espérance de vie. Pour mieux comprendre les effets de cette maladie, des chercheurs de l’Inserm s’intéressent à ces conséquences au niveau métabolique, inflammatoire et hormonal… Ces travaux pourraient permettre de mieux comprendre les troubles associés à l’obésité (hypertension, diabète…) mais aussi d’identifier les meilleurs candidats à une chirurgie bariatrique.

Obésité : mieux comprendre l'inflammation pour mieux la traiter
L’obésité est-elle une maladie inflammatoire ?

Lors d’une conférence organisée par le Fonds Français Alimentation & Santé, Michèle Guerre-Millo, Directeur de recherche Inserm, Université Pierre et Marie Curie, a précisé que l’obésité est définie comme une augmentation excessive de la masse de tissu adipeux due à une augmentation de la taille, du volume et du poids des cellules adipeuses. Cette accumulation de la masse de tissu adipeux se retrouve sous la peau mais aussi autour des organes internes (tissu adipeux viscéral).

Phases et conséquences de l’obésité

Michèle Guerre-Millo résume ainsi les différentes phases de l’obésité : phase de constitution, phase d’aggravation, phase de maladie chronique. C’est à ce dernier stade que la chirurgie bariatrique peut intervenir et parmi les 3 techniques possibles, le by-pass gastrique est, pour l’experte, celle qui permet une perte de poids plus importante et plus durable dans le temps, mais toutes ces techniques comportent des risques. Après chirurgie survient une phase de perte de poids, suivie d’une phase de stabilisation et souvent, d’une reprise de poids qui est en général inférieur à celui avant la chirurgie.

Quant aux conséquences de l’obésité, elles  sont connues : hypertension artérielle,dyslipidémiesdiabète de type 2… Ces comorbidités sont en partie expliquées par les altérations provoquées par l’excès de tissu adipeux, notamment au niveau du métabolisme des graisses et des sucres ou encore au niveau hormonal. Globalement, l’obésité diminue d’environ 10 ans l’espérance de vie.

Des phénomènes inflammatoires dans l’obésité

Mais le tissu graisseux n’est pas constitué uniquement d’adipocytes. En effet, il est également constitué d’une fraction stromale ou stroma qui comprend notamment des cellules de l’immunité, en particulier des cellules de l’inflammation comme des macrophages.

Ces cellules de l’immunité produisent des substances pro-inflammatoires comme l’IL-6 et le TNF?, responsables d’un phénomène d’inflammation retrouvé chez les obèses tant au niveau du tissu adipeux qu’au niveau systémique. Cette inflammation s’ajoute aux anomalies métaboliques et explique en partie l’insulinorésistance et donc la survenue de diabète de type 2. Même si cette situation n’est pas constante chez l’homme (elle l’est chez la souris), les chercheurs ont pu constater que le nombre de macrophages dans le tissu adipeux et les taux d’IL-6 et TNF? diminuent après un régime très hypocalorique. Plus encore, « dans 80 % des cas, la chirurgie bariatrique permet de résoudre le problème de diabète de type 2« , affirme Michèle Guerre-Millo.

La fibrose, un marqueur de réponse à la chirurgie de l’obésité ?

Si la relation entre obésité, inflammation et comorbidités reste à prouver, des travaux associent déjà ces phénomènes inflammatoires à une pathologie hépatique non alcoolique mais aussi à une fibrose au niveau du tissu adipeux.

On peut mesurer cette fibrose du tissu adipeux à l’aide du fibroscan, une méthode non invasive similaire à celle utilisée pour mesurer le degré de fibrose hépatique chez les patients atteints d’hépatite. Ces résultats seraient utiles pour les candidats à une chirurgie bariatrique. Selon les premières séries des patients étudiés, les obèses ayant un degré important de fibrose de leur masse graisseuse perdent beaucoup moins de poids après chirurgie bariatrique, par rapport à ceux qui n’ont pas de fibrose. « La mesure par fibroscan de la fibrose du tissu adipeux pourrait servir à sélectionner les patients qui répondront bien à une chirurgie gastrique« , conclue Michèle Guerre-Millo.

Dr Jesus Cardenas

Source : http://news.doctissimo.fr/Sante/Obesite-mieux-comprendre-l-inflammation-pour-mieux-la-traiter-40516   Publié le 25/03/2015 / Conférence organisée le 19 mars 2015 par Vivactis pour le Fonds Français Alimentation & Santé. « L’obésité : une maladie inflammatoire ? ». Une conférence de Michèle Guerre-Millo, Directeur de recherche Inserm, Université Pierre et Marie Curie.

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