Mathias, diabétique sans carte vitale, est-il mort de négligences?

Pensez à laisser un commentaire, une surprise vous attend !

Le jeune homme de 27 ans, diabétique insulino-dépendant a-t-il été victime de dysfonctionnements administratifs et médicaux? La mère du jeune homme, décédé en février dernier, a saisi le Défenseur des droits. Récit.

Mathias, diabétique sans carte vitale, est-il mort de négligences?

Sur le blog Pourmathiasunecarteetaitvitale.com, Véronique raconte le parcours de son fils diabétique, mort en février dernier.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/mathias-diabetique-sans-carte-vitale-est-il-mort-de-negligences_1555962.html#TWeOPgf5hQsep4Z2.99

 Le 14 février dernier, Mathias sort d’un rendez-vous le coeur léger. Après plus d’un an sans sécu et de nombreux rebondissements administratifs, le jeune homme vient d’apprendre par un conseiller de l’Assurance maladie que ses droits seront ouverts trois semaines plus tard. Le jeune homme n’en bénéficiera jamais: il est mort chez lui deux jours après, dans la nuit du 16 au 17 février.  

Depuis, Véronique cherche des réponses. Comment son fils a-t-il pu mourir d’un diabète avec lequel il vivait depuis ses quatre ans et demi? Elle a créé un blog où elle raconte le parcours du combattant de ce jeune homme de 27 ans pour obtenir la précieuse carte vitale -et surtout son affiliation à la CPAM. Un sésame d’autant plus utile que Mathias, insulino-dépendant, doit régulièrement se faire des injections. 

Contactée par L’Express, sa mère raconte une série de dysfonctionnements dans la prise en charge de son fils et évoque la « non-assistance à personne en danger ». Elle a saisi le pôle santé du Défenseur des droits qui examine actuellement son dossier, classé prioritaire. « Mathias voulait être journaliste et était pressé de travailler, se souvient-elle. A la rentrée 2012, il décide de ne pas poursuivre ses études de communication et quitte Rennes pour s’installer en Normandie. Tout se complique en janvier, lorsqu’il reçoit un papier de radiation de sa sécurité sociale étudiante, la LMDE. » 

Un ubuesque parcours administratif

L’enfer commence là: la mère de Mathias retrace un ubuesque parcours administratif. Elle décrit les nombreuses démarches entreprises auprès de la sécu et les dossiers envoyés par son fils, sans qu’il parvienne à obtenir son affiliation. « Il n’a pas voulu que nous allions ensemble faire un scandale à la CPAM. Il avait quand même 27 ans, je n’ai pas voulu insister ». 

« En septembre 2013, il voit même une assistante sociale incapable de comprendre son dossier, trop compliqué. Elle lui remet quand même un pass santé pour qu’il puisse se rendre à l’hôpital et obtenir l’insuline dont il a besoin. C’est ce que l’on donne aux indigents », lâche sa mère, qui l’aide à payer ses doses en l’absence de remboursement. 

« Ne t’inquiète pas maman »

A partir de ce moment-là, Mathias peut voir un médecin chaque mois à l’hôpital et obtenir de l’insuline auprès de la pharmacie de l’établissement. Début 2014, il rencontre une autre assistante sociale qui lui décroche un rendez-vous avec un responsable de la sécu locale, le jour de la Saint-Valentin. A l’issue du rendez-vous, tout semble s’arranger. Mathias a obtenu l’assurance d’obtenir son affiliation. 

Il raconte à sa maman être allé à l’hôpital dans la foulée, mais n’avoir pu voir le médecin habituel, qui était en vacances. Visiblement, le jeune homme pensait pouvoir tenir jusqu’au prochain rendez-vous en économisant son insuline. Il avait rassuré Véronique: « Ne t’inquiète pas, je vais contrôler mon alimentation, faire du sport et au moindre problème je vais aux urgences ». « Je me sens tellement coupable de l’avoir écouté ce jour-là », dit-elle aujourd’hui, la voix chargée d’émotion. 

Deux jours plus tard, ses grands-parents trouvent le jeune homme en pleine forme. Ils mangent ensemble puis rentre chez lui. Ce dimanche-là, Mathias vomit mais ne s’inquiète pas: c’est la saison des gastros. Sa maman retrouvera plus tard dans son téléphone un texto prévenant ses amis qu’il annule la sortie prévue ce soir-là. 

« Une glycémie beaucoup trop élevée »

Mathias est mort dans la nuit du dimanche au lundi. « On ne connaîtra jamais vraiment la cause du décès, affirme Véronique. Les analyses de sang pratiquées suggèrent qu’il a manqué d’insuline, mais cela ne suffit pas à expliquer sa mort. » L’hôpital* a-t-il délivré suffisamment d’insuline à son fils? Pourquoi Mathias n’a-t-il pas été hospitalisé « malgré une glycémie beaucoup trop élevée » constatée lors de sa dernière consultation en janvier? La mère de Mathias attend beaucoup de réponses de l’enquête menée par le pôle santé du Défenseur des droits. 

La partie médicale du dossier, concernant la prise en charge à l’hôpital, devrait être finalisée fin juillet. Le dossier comporte aussi un volet administratif, qui tente d’établir s’il y a eu des dysfonctionnements au sein de l’Assurance maladie. Contactée par L’Express, l’institution dit prendre cette affaire très au sérieux et souligne qu’elle est « en train de communiquer l’ensemble des éléments dont elle dispose au Défenseur des droits dans le cadre de l’enquête en cours ». 

Quant aux papiers de la sécu que Mathias attendaient, ils sont bien arrivés dans sa boîte aux lettres. C’est Véronique, la maman de Mathias, qui a ouvert l’enveloppe de la CPAM, reçue deux semaines après la mort du jeune homme. 

* Contacté par L’Express, le groupe hospitalier n’a pas pu confirmer que Mathias se rendait dans l’un de ses établissements, invoquant le secret médical. 

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/le-diabete-menaces-et-prise-en-charge_1554477.html   Publié le 26/06/2014

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez cette cases pour choisir votre article

Ce blog est dofollow ! Boosté par WP-Avalanche