L’excès de consommation de sucre réduira le PIB

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La santé est un facteur de croissance économique. Une étude révèle et mesure l’impact négatif sur la croissance économique de la consommation de sucre et de la diabésité (obésité et diabète) dans les différents pays. Elle nomme aussi les sociétés les plus touchées.

Le Brésil est de loin le premier producteur de sucre. (Keystone)
Le Brésil est de loin le premier producteur de sucre. (Keystone)

La consommation globale de calories s’est accrue de 30% en cinquante ans. Le sucre, qui consomme 10 à 20% de l’énergie du corps, s’est imposé en principal bouc émissaire des médias dans le sillage de la graisse. C’est le «nouveau tabac». Toujours est-il que l’augmentation de la consommation de sucre a été liée à celle de l’obésité, même si le lien de causalité n’a pas été établi. La génétique, l’éducation et le style de vie jouent aussi un rôle.

Le nombre d’obèses (et de surpoids) a doublé dans le monde depuis 1980 pour atteindre 2,1 milliards d’individus. L’obésité est elle-même liée à un grand nombre de problèmes de santé.

Jusqu’ici l’attention s’est concentrée sur les risques directs pour la santé (obésité, diabète). On a délaissé les risques indirects sur la croissance économique et la productivité. Dans une étude approfondie, Morgan Stanley s’est penché sur les deux aspects. Les coûts indirects se mesurent en mortalité accrue (le diabète est la 8e cause de mortalité avant 60 ans), en perte de productivité et réduction de main-d’œuvre (absentéisme accru).

Contrairement à l’opinion générale, la consommation de sucre est en train de baisser dans les pays industrialisés. Et l’obésité est en train de se stabiliser, à l’exception des enfants et des adolescents. Mais il faut savoir que, pour des raisons génétiques, en Chine et en Inde une augmentation assez faible de la consommation peut accroître l’obésité.

Sur la base de simulations, Morgan Stanley montre que la croissance économique devrait sensiblement souffrir de l’aug­men­tation de sucre dans le monde. Mais de légers ajustements diététiques peuvent apporter des avantages majeurs tant en termes de croissance que de santé.

Par contre, la consommation de l’or blanc et l’obésité sont en augmentation dans les pays émergents.

L’impact de la consommation de sucre sera visible sur le PIB, mais de façon très différente d’un pays à l’autre.

Au total, la croissance devrait perdre 0,5 point de pour cent par rapport aux prévisions de l’OCDE pour les 20 prochaines années. Elle serait de 1,8% et non pas de 2,3% par an entre 2015 et 2035. Les Etats-Unis, l’Australie, le Mexique, le Chili et la République tchèque seront les plus touchés. La croissance économique américaine ne serait pas de 2,5% par an mais de 1,8% et celle de la productivité non de 1,8% mais de 1,3%, selon l’étude.

Par contre, la Suisse, le Japon, la France et l’Italie sont les pays qui subiront les plus faibles pertes de croissance.

«La Suisse est un cas intéressant dans la mesure où elle présente l’une des plus fortes consommations de sucre par habitant, mais ses taux d’obésité et de diabète sont modestes, en raison d’une intense activité physique», fait valoir Morgan Stanley. La croissance du PIB suisse devrait être réduite de 2,1 à 1,8% par an d’ici à 2035, selon le scénario de base. C’est la deuxième plus modeste perte de PIB derrière le Japon.

L’industrie des sodas est la plus menacée par les perspectives de réduction de la consommation de sucre. La croissance s’est déjà réduite à 1,1% par an pour les sodas gazeux (CSD) contre 5,4% pour l’ensemble des boissons non alcoolisées. Les sociétés les plus exposées sont Coca-Cola, PepsiCo, Dr Pepper Snapple (DPS). Le trio représente 75% du marché global.

L’impact sur l’industrie alimentaire dépend de l’assortiment. Les deux groupes les plus exposés sont Hershey et Mondelez avec une exposition de respectivement 100% et 90%. Nestlé est nettement moins risqué avec 38% de produits sucrés.

Même si la consommation de sucre diminue, l’industrie pharma sera peu menacée en raison des besoins non couverts dans le diabète et l’obésité. Les acteurs les plus présents sont Novo Nordisk, AstraZeneca, Eli Lilly, Merck, Pfizer et Ono. Ce sont les pays émergents qui subiront l’impact d’une hausse du diabète ces prochaines années. La question principale est celle du tarif. Il risque de rester faible, en particulier aux Etats-Unis.

La production de sucre est dominée par quelques grands acteurs. Le Brésil produit 20% du total et devance largement le suivant, l’Inde.

Le débat actuel porte surtout sur le caractère approprié d’une taxe sur le sucre ou sur d’autres formes d’intervention étatique. La perception des risques du sucre reste modeste, selon Morgan Stanley, dans un contexte de faible popularité d’une taxe sur le sucre.

Les meilleurs moyens de lutter contre la diabésité, la combinaison de l’obésité et du diabète, passent par un effort de formation et par l’innovation du secteur privé.

L’industrie alimentaire et celle des boissons sont particulièrement actives sur ce plan, selon les analystes. Les exemples vont de la réduction de la taille des portions à la réduction de la teneur en sucre en passant par une meilleure information sur les emballages.

Nestlé a par exemple annoncé une réduction de la teneur en sucre d’au moins 10% entre 2014 et 2016 dans la catégorie de produits qui ne respecte pas ses critères nutritionnels.

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ec69b25e-fcb0-11e4-a492-3cf978da05db/Lexc%C3%A8s_de_consommation_de_sucre_r%C3%A9duira_le_PIB    Publié le 17/05/2015

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