L’EMA lance une évaluation du risque d’acidocétose sous gliflozines

Pensez à laisser un commentaire, une surprise vous attend !

Londres, Royaume-Uni – REACTUALISATION : L’EMA emboite le pas de la FDA puisqu’elle annonce le 12 juin que le comité de pharmacovigilance (PRAC Pharmacovigilance Risk Assessemnt Commitee) a mis en place une analyse des risques d’acidocétose pour les gliflozines (canaglifozine, dapaglifozine et empaglofizine).

L’EMA souligne qu’un certain nombre de cas aurait pu passer inaperçus puisque la particularité des acidocétoses sous inhibiteurs de SGLT2 vient du fait qu’elles sont associées à des taux de glycémies modérément élevés, contrairement aux acidocétoses diabétiques habituellement décrites. Laquelle particularité est susceptible d’induire des retards au diagnostic et à la mise en place du traitement. IC.

Silver-Spring, Etats-Unis – La FDA met en garde sur un risque d’acidocétose lié aux gliflozines, une nouvelle famille d’antidiabétiques qui induit une glycosurie en s’opposant à la réabsorption rénale du glucose. De mars 2013 à juin 2014, la pharmacovigilance américaine a en effet colligé 20 cas d’acidocétose diabétique, d’acidocétose ou de cétose, et les signalements continuent d’arriver dans la base de données du Adverse Event Reporting System.

« Tous ces patients ont dû consulter aux urgences ou être hospitalisés », précise le communiqué de l’agence, qui précise que le délai médian d’apparition des symptômes est de 2 semaines après l’instauration du traitement, mais l’éventail va de 1 à 175 jours.

Le communiqué souligne que ces cas d’acidocétose diabétique ont une présentation « atypique », la plupart concernant en effet des diabétiques de type 2, dont la glycémie n’était que modérément augmentée (moins de 200 mg/dL).

L’acidocétose est une acidité excessive du sang causée par l’accumulation de corps cétoniques (acétone, acide acéto-acétique, acide bêta-hydroxybutyrique) lorsque l’organisme, incapable d’utiliser le glucose sanguin, consomme ses réserves de graisse pour les transformer en glucose au niveau hépatique.
L’acidocétose se rencontre notamment chez les patients atteints de diabète de type 1 débutant, ou mal équilibré, ou encore, déséquilibré par une affection intercurrente. Elle est d’ailleurs une circonstance de découverte des diabètes de type 1 pédiatriques. Elle est favorisée par la prise concomitante de corticoïdes ou de bêta-mimétiques.
Elle se manifeste par une soif intense, des urines fréquentes et abondantes et divers signes digestifs (douleurs abdominales, nausées, perte d’appétit. On note aussi, chez ces patients, une haleine à l’odeur de pomme, très particulière. Elle s’accompagne généralement d’une glycémie élevée (> 250 mg/dL).
Relativement rare aujourd’hui (environ 1 diabétique sur 250), l’acidocétose nécessite une hospitalisation en urgence pour administration d’insuline rapide et perfusion de glucose et potassium. A défaut, l’évolution peut aller jusqu’au coma et au décès du patient.
Hormis le diabète méconnu ou mal équilibré, les régimes sans glucides, les troubles digestifs, les efforts physiques intenses, ou les abus d’alcool favorisent des cétoses plus ou moins marquées.

« Certains signalements suggèrent des facteurs ayant potentiellement déclenché l’acidocétose », spécifie également le communiqué. Sans surprise, parmi ces facteurs, on trouve les affections aiguës, en particulier les infections mais aussi les atteintes rénales, les traumatismes, une prise calorique réduite, l’ingestion de liquide en quantité insuffisante (hypovolémie), l’hypoxémie, des abus d’alcool et des doses réduites d’insuline.

Pas de mesure pour le moment, mais demande de signalement systématique

Tous les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose (SGLT2) sont concernés : la canagliflozine (Invokana®, Johnson & Johnson), la dapagliflozine (Farxiga®, AstraZeneca), et l’empagliflozine (Jardiance®, Lilly/Boehringer), ainsi que les associations de canagliflozine et de metformine (Invokamet®, Johnson & Johnson), de dapagliflozine et de metformine (Xigduo® XR, AstraZeneca), et d’empagliflozine et de linagliptine (Glyxambi®, Lilly/Boehringer).

Pour le moment, aucune mesure n’est décidée par la FDA, qui indique cependant « continuer d’approfondir cette question de sécurité, pour déterminer si des modifications doivent être apportées aux informations de prescriptions de cette classe thérapeutique ».

Il est néanmoins demandé aux patients de « faire très attention aux signes d’acidocétose, et de consulter immédiatement en cas de difficulté à respirer, de nausées, vomissements, douleurs abdominales, confusion ou fatigue inhabituelle ou somnolence ».

Quant aux professionnels de santé, il leur est demandé de surveiller l’acidose, y compris l’acidocétose, chez les patients signalant ces symptômes, d’interrompre les inhibiteurs de SGLT2 si l’acidose est confirmée, et de prendre les mesures appropriées pour corriger l’acidose et contrôler les taux de sucre ».

Enfin, la FDA « presse les professionnels de santé et les patients de signaler les effets secondaires impliquant les inhibiteurs du SGLT2 ».

Référence :

  1. FDA Drug Safety Communication: FDA warns that SGLT2 inhibitors for diabetes may result in a serious condition of too much acid in the blood . Annonce de sécurité de la FDA du 15 mai 2015..

Source : http://www.medscape.fr/voirarticle/3601492?nlid=82544_2401    Publié le 12/06/2015

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez cette cases pour choisir votre article

Ce blog est dofollow ! Boosté par WP-Avalanche