Le diabète, une question de santé publique

Pensez à laisser un commentaire, une surprise vous attend !

Dans le cadre d’une conférence à l’hôpital américain de Paris, mardi 3 décembre, le diabétologue Hervé Leblanc a fait état de la situation diabétique en France et en Europe. Aidé du cardiologue Riadh Caid Essebsi, du néphrologue Serge Dard et de l’ophtalmologiste Vincent Pierre-Kahn, le spécialiste a évoqué les complications liées au diabète.

Diabétologue depuis 30 ans, Hervé Leblanc témoigne des progrès fondamentaux de la médecine concernant le diabète« Quand j’ai commencé, les patients appelaient ça le « diable-être« , c’était la maladie de la malbouffe, des héroïnomanes… Les diabétiques se cachaient », se souvient-il. Aujourd’hui, le corps médical et les associations ont réussi à « redorer l’image » du diabétique, à montrer qu’on pouvait traiter et suivre les malades. « Aux Etats-Unis, c’est même une fierté. La championne universitaire de golf a même posé avec son traitement en couverture du Times ! »

Trois millions de diabétiques en France

La progression du nombre de diabétiques est impressionnante. En 2000, ils n’étaient que 2,6%. En 2011, ils étaient 4,6%. On considère qu’il y a trois millions de diabétiques en France. C’est la maladie la plus fréquente en effectif, avant le cancer.« Le coût est très important, déclare le docteur Leblanc. L’assurance maladie dépense 18 milliards d’euros par an pour le diabète. » Dans le monde, il existe 336 millions de diabétiques. En 2030, ils seront 540 millions.

En 2009, 6,3 % des décès survenus en France sont liés au diabète« Mais attention, nuance Hervé Leblanc. On mélange tous les patients dans ces statistiques. Le patient devenu diabétique en 1950 et qui mourra à 90 ans en fait partie. Aujourd’hui, les complications sont détectables, contrôlables et traitables. »

Qu’est-ce que le diabète et comment se soigne-t-il ?

Il existe deux types de diabète, le type 1 et le type 2. Tous deux présentent le même symptôme : l’hyperglycémie, c’est-à-dire trop de sucre dans le sang (le taux normal étant 1,26 gramme par litre de sang à jeun). Le pancréas sécrète normalement de l’insuline. Elle régule le taux de sucre qui circule dans notre corps. Lorsqu’elle n’est pas assez efficace, le sucre devient excessif dans le corps. C’est ce qu’on appelle l’insulinorésistance. À ce moment-là, le pancréas a tendance à sécréter plus d’insuline pour pallier ce manque, et paradoxalement va créer un excès d’insuline dans le sang.

Le diabète de type 1 est le moins fréquent. Ils touchent les sujets jeunes, parfois à la naissance. Pour le traiter, la seule solution est l’injection d’insuline quotidienne.
Le diabète de type 2 intervient dans 94% des cas et intervient lorsqu’on a des facteurs prédisposants. C’est celui qui préoccupe le plus les gouvernements, car il coûte plus cher. Fréquemment, on devient diabétique entre 45 et 65 ans. « Cela arrive souvent au moment où on est installé dans la vie, on prend un peu de poids, on est plus sédentaire, le métabolisme change. Si on est sur un terrain prédisposant, on va devenir diabétique. »

Quelqu’un qui devient diabétique (de type 2 donc) va d’abord recevoir de la metformine, le médicament le plus prescrit. Puis des sulfamides ensuite, qui sont puissants et adaptés seulement au diabète. D’autres médicaments peuvent faire baisser la glycémie, comme le GNP1. Si cela ne fonctionne pas, on passe aux injections d’insuline.

L’importance du dépistage

Tous les médecins présents ont insisté, au cours d’un débat qui a suivi l’intervention du Docteur Leblanc, sur l’importance du dépistage et de la prévention. « Le diabète est muet, on le découvre par hasard, par des bilans de santé. Mais si on a ces prédispositions génétiques, des antécédents familiaux, il est indispensable de se faire dépister », indique le diabétologue. Il existe également certains symptômes qui peuvent amener à se faire dépister : « Lorsqu’on urine plus et que l’on boit plus, il faut se poser la question et en parler à son médecin ».

Les complications liées au diabète

L’hyperglycémie peut entraîner de nombreuses complications, car cette maladie métabolique est aussi vasculaire, c’est-à-dire qu’elle agit sur les vaisseaux.
« Ce phénomène est toxique pour les vaisseaux de l’organisme et la paroi artérielle notamment. L’excès de sucre va générer des lésions préoccupant le vieillissement des vaisseaux », explique Riadh Caid Essebsi, cardiologue à l’hôpital américain de Paris. C’est une « athérosclérose banale » (une plaque qui se pose sur les artères) qui ressemble à celle du fumeur, de l’hypertendu, du porteur de cholestérol.
Outre les complications cardiovasculaires, les risques rénaux et ophtalmologiques sont importants. Sur 800 000 patients dialysés, 40% sont diabétiques« Dès qu’il y a une insuffisance rénale, il faut faire un suivi car certains médicaments sont contre-indiqués », rappelle Serge Dard, néphrologue à l’Hôpital américain de Paris.
La cécité peut être ralentie si l’on est suivi régulièrement avec un examen du fond de l’œil annuel. 95 % de diabétiques de type 1 développeront une rétinopathie diabétique après 15 ans d’évolution, 60 % dans le type 2.

Bon à savoir

– 150 minutes d’activité physique par semaine, réduit l’hémoglobine glyquée de 0,9. Une réduction d’un point réduit de 23% le risque d’infarctus, de 37 % les risques de complications.

– Certains aliments sont diabétogènes, comme le manioc par exemple.

Source : http://www.neuillyjournal.com/sante-neuilly-sur-seine/sante/item/6643-le-diabete-une-question-de-sante-publique  Publié le 06/12/2013

Recherche populaire :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cochez cette cases pour choisir votre article

Ce blog est dofollow ! Boosté par WP-Avalanche