DT1 dans l’enfance : un impact neurocognitif important à l’âge adulte

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Pittsburgh, Etats-Unis – Dans une population de 97 sujets adultes, diagnostiqués comme diabétiques de type 1 (DT1) durant leur enfance, des auteurs américains mettent en évidence un taux de déficits cognitifs de 28%, plus de cinq fois supérieur à celui observé chez des sujets contrôle, non diabétiques [1].

Cet effet repose vraisemblablement, au moins en partie, sur l’impact microvasculaire de l’hyperglycémie chronique, tel qu’on l’observe notamment au niveau de la rétine. Les auteurs soulignent l’importance du contrôle de l’hémoglobine glyquée (HbA1c), pas toujours évident à obtenir chez l’enfant et l’adolescent diabétique, et recommandent une évaluation cognitive régulière chez le diabétique adulte, diagnostiqué avant ses 18 ans.

« Nos résultats n’impliquent en aucun cas que les personnes diagnostiquées avec un diabète de type 1 durant leur enfance, ne pourront pas réussir leur vie d’adulte, notamment sur le plan professionnel », a souligné le Dr Karen A. Nunley (Université de Pittsburgh), premier auteur de l’étude, interrogée par Medscape International. « Notre objectif est de faire prendre conscience que les déficits cognitifs sont une complication potentielle du diabète, en phase avec les rétinopathies et les neuropathies, pour que le personnel de soins puisse aider les diabétiques, et pour que les proches des patients puissent comprendre qu’ils font face à un effet de la maladie ».

Un déficit dans 28% des cas, associé aux rétinopathies, aux neuropathies et à l’IMC

L’étude a été menée chez 97 sujets DT1, âgés en moyenne de 49 ans, et présentant une durée du diabète de 40 ans en moyenne (51% de femmes). Ces sujets ont été comparés à une population témoin de 138 sujets non diabétiques.

L’évaluation neurocognitive était basée sur des tests d’intelligence et de fluence verbale, d’efficacité psychomotrice, d’exécution, de mémorisation et de représentation/reconstruction dans l’espace. Le statut cognitif était fonction du nombre de tests présentant une DS d’au moins 1,5 par rapport à la norme dans la population de même âge. Les personnes présentant un score dégradé à deux tests au moins, étaient considérées comme atteintes d’un déficit cliniquement significatif.

Les données glycémiques, la pression artérielle (PA) et les complications du diabète ont par ailleurs été mesurées tous les deux ans depuis le diagnostic jusqu’en 1996-1998, puis en 2004-2006, et enfin en 2010-2013, lors des évaluations neurocognitives. L’index chevilles/bras a par ailleurs été mesuré en 1990-1992, un index > 1,3 témoignant de calcifications artérielles.

Parmi les sujets diabétiques, 28% présentaient un déficit neurocognitif cliniquement significatif, contre 5% dans la population contrôle (p<0,0001).

Cette association entre diabète et déficit neurocognitif est pratiquement indépendante du niveau d’éducation, et, plus surprenant, d’un antécédent d’HTA.

Parmi les sujets diabétiques, des associations significatives avec un déficit neurocognitif sont observées avec :

-une HbA1c moyenne > 7,5% durant la période 1996-2013 (RR=3 ; p=0,009),

-la présence d’une rétinopathie (RR=2,8 ; p=0,01),

-la présence, cinq ans auparavant, d’une polyneuropathie distale et symétrique (RR=2,6 ; p=0,03),

-un IMC élevé (chaque unité d’IMC correspond à une augmentation de 10% du risque de déficit cognitif),

-un index chevilles/bras (mesuré 20 ans plus tôt) > 1,3 (RR=4,2 ; p=0,01).

Surveiller les patients sur le plan cognitif

Ces résultats paraissent parfaitement plausibles. « Des dysfonctions cognitives modestes sont systématiquement rapportées chez les enfants et les jeunes adultes atteints de diabète de type 1 », soulignent les auteurs [2].

Dans la discussion, ils notent que le taux de 28% de déficit neurocognitif cliniquement significatif, observé ici chez des diabétiques d’une cinquantaine d’années, équivaut à ce que l’on observe en population générale passé 85 ans.

Ils indiquent toutefois que leurs résultats ne sont pas nécessairement généralisables à tous les DT1. Entre autres limites évoquées, la population étudiée comporte exclusivement des diabétiques diagnostiqués dans l’enfance, c’est-à-dire lors d’une période cruciale pour le développement cérébral, et quasi exclusivement des sujets caucasiens. L’effectif est par ailleurs très limité.

Pour autant, ils invitent les médecins à surveiller leurs patients diabétiques sur le plan neurocognitifs, en posant régulièrement des questions sur leurs capacités de concentration, de mémorisation… et si nécessaire, en pratiquant des tests plus formels.

Il s’agit en effet de prévenir l’apparition d’un déficit cognitif par un contrôle glycémique efficace – nécessitant une éducation et un suivi ad hoc chez les jeunes. Mais aussi, une fois le déficit apparu, d’éviter qu’il ne retentisse défavorablement sur le traitement du diabète lui-même.

L’étude a reçu des financements du National Institute of Health.Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt en rapport avec le sujet.

Références :

  1. Nunley KA, Rosano C, Ryan CM et coll. Clinically Relevant Cognitive Impairment in Middle-Aged Adults With Childhood-Onset Type 1 Diabetes. Diabetes Care 2015; doi:10.2337/dc15-0041/-/DC1.
  2. Biessels GJ, Deary IJ, Ryan CM. Cognition and diabetes: a lifespan perspective. Lancet Neurol 2008;7:184–190.

Source : http://www.medscape.fr/voirarticle/3601652    Publié le 23/07/2015

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