Diabétique enceinte : un risque trop méconnu

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Le diabète accroît le risque de malformations de l’embryon, et cela dès les tout premiers jours de la grossesse.

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Seule la moitié des diabétiques de type 1 et le quart des diabétiques de type 2 programment leur grossesse. augmentant ainsi les risques de malformation du bébé.

Maladie chronique fréquente, le diabète a des effets spécifiques sur la grossesse. «Souvent les femmes ignorent qu’il accroît le risque de malformations de l’embryon, et cela dès les tout premiers jours de la grossesse. Or, ces malformations sont évitables par une intensification du traitement avant la conception», explique le Pr Jacques Lepercq, gynécologue-obstétricien (Maternité Port Royal-Cochin, Paris). «La consultation pré-conceptionnelle et la programmation de la grossesse doivent donc être la règle pour toutes les femmes diabétiques qui ont un projet de bébé.» Ce qui veut dire aussi une contraception efficace avant…

Ces malformations congénitales touchent 3 % des naissances chez les femmes diabétiques contre 1 % en général. Elles sont dues au taux de sucre trop élevé dans l’organisme. «80 % de ces malformations surviennent lors de grossesses non programmées. Mais seule la moitié des diabétiques de type 1 et le quart des diabétiques de type 2 programment leur grossesse. C’est encore trop peu», regrette le Pr Lepercq.

Attention à la prise de poids

Souvent malades depuis l’enfance, les femmes diabétiques de type 1 dépendent à vie de l’insuline. Bien que très suivies, beaucoup ignorent ce risque malformatif associé au diabète. D’où l’importance de la consultation pré-conceptionnelle qui va, à partir d’un bilan précis du diabète et de ses complications, proposer un suivi concerté entre l’obstétricien et le diabétologue. «Certains médicaments pour l’hypertension ou le rein doivent aussi être remplacés. Comme les besoins en insuline varient en cours de grossesse, la femme doit aussi pouvoir contacter rapidement son diabétologue pour ajuster son traitement.» Ces femmes accouchent plus souvent d’enfants trop gros, d’où environ 65 % de césarienne et plus de prématurité.

Les recommandations sont les mêmes pour le diabète de type 2, en augmentation du fait de l’épidémie d’obésité. Les complications fréquentes comme l’hypertension et l’âge plus élevé des femmes majorent les risques pour le bébé. Comme ces femmes sont souvent moins suivies sur le plan médical, et les grossesses moins programmées, dans 30 % des cas ce diabète est diagnostiqué seulement en cours de grossesse. «Il faut par prudence arrêter les antidiabétiques oraux, tenter de normaliser la glycémie en améliorant le comportement diététique, et si cela ne suffit pas, traiter par l’insuline», explique le médecin. Idéalement, la prise de poids durant la grossesse ne doit pas dépasser 5 kg chez la femme obèse, 10 kg chez celle en surpoids.


Le problème de l’obésité

Avec l’épidémie d’obésité  en cours, c’est désormais bien plus d’une grossesse sur dix  qui est compliquée. L’obésité touche en effet plus  de 10 % des femmes en âge  de procréer. Chez ces femmes, plus souvent hypertendues et diabétiques, toutes les complications de la grossesse sont plus fréquentes. «Elles ont un risque accru  de diabète gestationnel et de prééclampsie, qui augmente avec leur indice de masse corporelle. L’accouchement par césarienne est aussi plus fréquent, avec un taux qui atteint 50 % à 60 % chez les plus obèses. Leur bébé a aussi plus souvent des difficultés à la naissance, même si la plupart du temps tout se passe bien», explique le Pr Jacky Nizard, obstétricien (CHU Pitié-Salpétrière, Paris).

Toutes causes confondues, les décès maternels en cours de grossesse restent rares en France: 85 par an en moyenne. Dont 65 % chez des femmes de plus de 30 ans, et 14 % chez les femmes de plus de 40 ans, qui représentent seulement 3,5 % des accouchements.  Les femmes obèses, qui ne représentent que 10 % de  la population, comptent pour 30 % de ces décès maternels.

Source : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/02/19/23414-diabetique-enceinte-risque-trop-meconnu   Publié le 19/02/2015

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