Diabète : le mode de vie malsain pointé du doigt

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Pour les trois prochaines années, la Journée mondiale du diabète, célébrée le 14 novembre, est placée sous le thème « Vie saine et diabète ». Le mode de vie malsain est en fait dans la ligne de mire des organismes internationaux concernés, de plus en plus de jeunes étant diagnostiqués avec un diabète de type 2.

Les spécialistes reçoivent de plus en plus d’adolescents avec un prédiabète et un diabète de type 2. Ces derniers mangent mal et sont sédentaires. Photo Mohammad Yassine

Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Le diabète ne cesse de gagner du terrain à l’échelle locale et internationale, avec plus de 382 millions de personnes qui en souffrent dans le monde, selon l’Atlas du diabète de la Fédération mondiale du diabète (FMD). Ce chiffre devrait frôler 592 millions en 2035 – c’est-à-dire une personne sur dix qui souffriront de diabète – si aucune action urgente n’est entreprise pour freiner l’expansion de ce fléau. Le mauvais mode de vie, avec ce qu’il englobe comme sédentarité et mauvaise alimentation, reste le premier incriminé dans la survenue de la maladie. Un fait qui a poussé la FMD et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à placer la Journée mondiale du diabète, célébrée le 14 novembre, sous le thème « Vie saine et diabète ». Une campagne qui se poursuivra jusqu’en 2016.

Le Liban n’est pas à l’abri du fléau, avec quelque 10 % de la population qui souffre de diabète, selon deux études effectuées respectivement par les Drs Kamal Hirbli et Ibrahim Salti. La situation est certes inquiétante, mais « au lieu de paniquer, il vaudrait mieux agir », insiste le Dr Carole Saadé-Riachy, spécialiste en endocrinologie et en maladies métaboliques. Se voulant rassurante, elle affirme qu’« il est possible de prévenir le diabète, même chez les personnes ayant des prédispositions génétiques, simplement en adoptant un mode de vie sain, basé sur une alimentation saine et une activité physique régulière ». « Le sport aide en fait à prévenir toutes les maladies métaboliques et cardio-vasculaires, parce que le diabète ne vient jamais seul, insiste-t-elle. Soit il précède, soit il suit une dyslipidémie (élévation du taux de graisse dans le sang), une hypertension, un problème cardio-vasculaire… Il s’agit de plusieurs facettes d’un même syndrome, qui est le syndrome métabolique. »

Une précision s’impose. Les spécialistes distinguent deux types de diabète. Le diabète de type 1, de nature auto-immune, est dû à un déficit total de l’insuline sécrétée par le pancréas. Il survient principalement chez les personnes jeunes et plutôt minces, ayant des prédispositions génétiques. Dans cette forme de la maladie, le système immunitaire, qui doit protéger l’organisme contre les corps étrangers, fabrique des anticorps qui attaquent les cellules-bêta du pancréas chargées de produire l’insuline. Le diabète de type 1 constitue près de 10 % de l’ensemble des cas de diabète. Les patients sont exclusivement traités à l’insuline avec un régime alimentaire adapté.

Le diabète de type 2, par contre, est dû à une résistance à l’insuline. Pour éviter une élévation du taux du glucose dans le sang, le pancréas en sécrète une plus grande quantité. Au fil des ans, il finit par s’épuiser. La quantité d’insuline qu’il sécrète devient alors insuffisante pour réguler le taux de glucose dans le sang. Le facteur héréditaire jour un rôle dans cette forme de diabète qui constitue la majorité des cas (près de 90 %). Généralement, elle apparaît après l’âge de 40 ans, « mais de plus en plus, le diabète de type 2 est diagnostiqué chez des jeunes de moins de 30 ans, en raison de l’obésité abdominale », constate le Dr Saadé-Riachy qui souligne à ce propos : « Nous recevons dans nos cabinets des adolescents avec un prédiabète et un diabète de type 2. Ils sont obèses, sédentaires et mangent très mal. Ils consomment beaucoup de sucre, notamment des boissons sucrées, et du fast-food. Ces adolescents doivent commencer par changer leur mode de vie, sinon ils aboutiront très tôt à un traitement par insuline. » 

(Lire aussi : Les édulcorants augmenteraient le risque de diabète et d’obésité) 

Les bases d’une alimentation saine

Le Dr Saadé-Riachy se veut toutefois rassurante. Elle indique ainsi que le diabète de type 2, « diagnostiqué tôt, peut être réversible dans plusieurs cas, surtout lorsque les erreurs alimentaires sont à l’origine de la maladie ». « Il serait dommage que les personnes dont le test de l’hémoglobine glyquée ou Hb1Ac (test qui indique le taux de sucre dans le sang au cours des trois derniers mois) varie entre 6,5 et 7 % ne se décident pas à changer leur mode de vie, pour se débarrasser de leur diabète, et continuent à se laisser aller. »
Selon la praticienne, un mode alimentaire sain « doit être basé sur trois repas équilibrés ». « Il faut éviter de sauter un repas et d’en rajouter un autre, note-t-elle. Il faut éviter le grignotage, les sucreries, les boissons alcoolisées, mais aussi les matières grasses, parce que contrairement à ce que l’on pense, celles-ci nuisent non seulement aux personnes souffrant de dyslipidémies, mais aussi aux diabétiques. »

Au nombre des recommandations également, la nécessité de manger lentement. « Il faut compter en moyenne trente minutes par repas » et éviter de se resservir. Il faut aussi boire au moins deux litres d’eau par jour et éviter le sel, surtout si on est hypertendu. « Les aliments, notamment transformés, contiennent déjà du sel, ce condiment constituant le meilleur conservateur, constate le Dr Saadé-Riachy. Il est conseillé donc d’utiliser des épices et des aromates pour compenser le manque de sel et de matières grasses. Par ailleurs, contrairement aux idées préconçues, les personnes diabétiques peuvent consommer deux à trois fruits par jour, à condition de respecter les équivalences (voir par ailleurs). Il n’y a pas de bons et de mauvais fruits. Il y a des quantités à respecter. Une pomme moyenne par exemple a le même index glycémique (le temps nécessaire pour un aliment pour faire hausser le taux de glucose dans le sang) qu’une petite banane, deux tranches de melon, ou vingt grains de raisin… Les sucres lents, qui élèvent lentement le taux de glucose dans le sang, et les féculents sont très conseillés dans l’alimentation d’un diabétique (voir par ailleurs), contrairement aux préjugés qui ont longtemps prévalu dans ce cadre. Une personne diabétique peut donc manger du riz, des pâtes, des légumineuses, des pommes de terre. Ces aliments constituent d’ailleurs la base de la nouvelle pyramide alimentaire. Évidemment, les quantités sont définies selon chaque cas. »

Quid des édulcorants ? « Ils ne sont pas nocifs pour le diabète, répond le Dr Saadé-Riachy. Ils ont été incriminés dans des problèmes neurologiques et cognitifs, mais pas dans le diabète. Quoi qu’il en soit, il faut qu’ils soient consommés à petites doses. Indubitablement, le goût sucré est bon et les gens le recherchent. Les édulcorants ne sont donc pas déconseillés. Même le sucre blanc pris en petites quantités n’est pas contre-indiqué chez le diabétique, à condition qu’il fasse une activité physique. Le problème, c’est qu’on se permet tout à gogo ! Or rien n’est permis à gogo et c’est le principal message. » 

L’activité physique, un must

Le régime alimentaire doit être accompagné d’une activité sportive régulière. « C’est un must, insiste encore le Dr Saadé-Riachy. Ce traitement n’est pas remboursé par la Caisse nationale de Sécurité sociale, mais c’est l’un des traitements les plus efficaces. Il aide à faire baisser le Hb1Ac aussi bien que les antidiabétiques oraux. Trente à quarante-cinq minutes par jour d’une activité sportive à visée cardio-vasculaire, comme la marche, la natation, la gymnastique et le vélo, suffisent à agir positivement sur les problèmes métaboliques. »
À partir de quel âge faut-il se faire contrôler ? « Personnellement, j’estime qu’un bilan annuel doit être fait à partir de l’âge de 20 ans si on a dans sa famille des problèmes de diabète, d’hypertension, de dyslipidémie, ou des problèmes cardiaques, indique le Dr Saadé-Riachy. Si on n’a pas de facteurs de risque, on peut se permettre d’attendre un âge plus avancé. J’estime que dans un pays comme le Liban où la population est en général sédentaire, il vaut mieux commencer le dépistage du diabète à un âge plus jeune que celui indiqué dans le cadre des recommandations internationales. Nous sommes un pays à risque et nous n’avons pas de politiques de prévention dans ce sens. Or celle-ci est plus que jamais nécessaire. Il n’est plus permis de recevoir de nos jours, à la première visite, des patients avec des complications microvasculaires ou macrovasculaires (des complications qui touchent respectivement les petits et les gros vaisseaux), parce que leur diabète est méconnu. »
Et le Dr Saadé-Riachy de conclure : « Il est toujours possible de rendre le diabète réversible, s’il est encore au début. Dans le cas contraire, on peut le contrôler. Or, dans nos sociétés, on est en train de l’induire à travers les erreurs alimentaires qu’on voit dans l’enfance et à l’adolescence, comme la consommation excessive de fast-food, l’oubli du petit déjeuner, la recherche de l’absolu… » 

Les équivalences

–  Une ration de féculents cuits (100 g) : 2 pommes de terre moyennes ; 4 à 5 cuillerées à soupe de pâtes, de riz, de semoule ou de maïs ; 4 cuillerées à soupe de lentilles, d’haricots blancs ; ou une assiette de petits pois.

– Une ration de fruits : 1 pomme ; 1 grosse pêche; 1 coupe de fraises ; 1 poire; 1 nectarine ; 1 coupe de framboises ; 1 orange ; 3 à 4 abricots ; 1 coupe de groseilles ; 2 mandarines ; 3 à 4 prunes ; 2 tranches de melon; 1/2 pamplemousse ; 5 pruneaux ; 1 tranche de pastèque; 1 gros kiwi ; 1/2 mangue ; 15 cerises ; 2 tranches d’ananas; 1 petite banane ; 20 grains de raisin ; ou 1 verre de jus de fruits sans sucre ajouté.

– Une ration de viande (100 g) : 1 filet de poisson ; 2 œufs ; 2 tranches de jambon cuit ; 2 tranches de saumon fumé ; ou 1 petite boîte de thon au naturel.

– 1 yaourt : 100 g de fromage blanc à 20 % ; 1 yaourt aux fruits allégé (0 %) sucré à l’aspartame ; 1 verre de lait demi-écrémé.

– Matières grasses : 10 g d’huile (1 cuillerée à soupe) ; 10 g de beurre ou de margarine (1 cuillerée à soupe rase); 1 cuillerée à soupe de crème fraîche.

Source : www.lorientlejour.com/article/895390/diabete-le-mode-de-vie-malsain-pointe-du-doigt.html   Publié le 11/11/2014

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