Le diabète et la maladie d’Alzheimer se nourrissent l’un de l’autre par l’intermédiaire de l’insuline

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Des chercheurs de l’Université Laval pourraient avoir découvert pourquoi les personnes atteintes de diabète risquent davantage de souffrir d’alzheimer. Selon l’étude qu’ils publient dans la revue Diabetes, l’alzheimer et le diabète se nourrissent l’un de l’autre, et la clé de cette boucle serait l’insuline.

Le diabète et la maladie d'Alzheimer se nourrissent l'un de l'autre par l'intermédiaire de l'insuline

C’est grâce à cette lignée de souris transgénique, qui exprime trois gènes humains liés à l’alzheimer, que les chercheurs ont mis en lumière le mécanisme qui lie cette maladie et le diabète de type 2.
Photo: Isabelle St-Amour

Pour en faire la démonstration, le professeur Frédéric Calon, de la Faculté de pharmacie, et ses collègues du Centre de recherche du CHU de Québec, ont eu recours à des souris transgéniques qui expriment trois gènes humains associés à l’alzheimer. Ces gènes interviennent dans les principales manifestations cérébrales de la maladie soit la formation d’enchevêtrements neurofibrillaires et l’accumulation d’un peptide, la bêta-amyloïde, sous forme de plaques. Ces symptômes apparaissent à mesure que les animaux vieillissent et ils se répercutent sur leurs performances à des tests de mémoire. 

Les chercheurs ont découvert que l’expression de ces gènes est suivie par l’apparition d’une résistance à l’insuline dans tout l’organisme, une condition qui précède le diabète. Ils ont aussi observé une accumulation de bêta-amyloïde dans le pancréas des souris. «Ce peptide, qui est surtout produit dans le cerveau, migre jusqu’au pancréas où il interférerait avec la production d’insuline», avance le professeur Calon.

Lorsque les chercheurs ont soumis ces souris à un régime alimentaire riche en graisses, typique de celui qu’on retrouve dans les pays occidentaux, ils ont observé une hausse de la quantité de bêta-amyloïde soluble dans le cerveau des animaux, une augmentation de la résistance à l’insuline et une diminution de la mémoire.

Fait étonnant, l’injection d’une seule dose d’insuline a provoqué des résultats spectaculaires. «En cinq minutes à peine, l’insuline a annulé les effets néfastes engendrés par neuf mois de diète riche en graisses sur l’abondance de bêta-amyloïde soluble dans le cerveau.

Les résultats aux tests de mémoire se sont aussi améliorés», résume Frédéric Calon. L’explication la plus probable est que l’insuline entraînerait une plus faible production et/ou une meilleure élimination de la bêta-amyloïde soluble du cerveau, ce qui briserait le cercle vicieux liant l’alzheimer et le diabète.

Le chercheur croit toutefois que l’effet spectaculaire engendré par l’insuline s’émousserait avec le temps et qu’il ne faut pas miser sur cette hormone pour guérir les personnes qui souffrent déjà d’alzheimer.

D’ailleurs, l’insuline n’a pas eu d’effet sur les plaques de bêta-amyloïde des souris. Cette étude a tout de même des retombées pratiques, poursuit-il. «Nos résultats suggèrent que tout ce qui prévient le diabète de type 2, qu’il s’agisse d’une perte de poids, d’une bonne alimentation ou de l’exercice physique, peut aussi avoir un effet protecteur contre l’alzheimer

L’article paru dans Diabetes est signé par Milène Vandal, Phillip J. White, Cyntia Tremblay, Isabelle St-Amour, Geneviève Chevrier, Vincent Émond, Dominique Lefrançois, Jessica Virgili, Emmanuel Planel, Yves Giguère, André Marette et Frédéric Calon.

Source : http://www.lefil.ulaval.ca/articles/deux-tristes-compagnons-36294.html    Publié le 18/09/2014

 

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