Chirurgie bariatrique avant grossesse : bénéfique ou dangereux ?

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Stockholm, Suède — La chirurgie bariatrique préconceptionelle réduit le risque de diabète gestationnel et de surpoids à la naissance, selon le résultat d’une étude de population suédoise menée entre 2006 et 2011 à partir de 670 grossesses de femmes opérées et d’un nombre similaire de conception chez des femmes témoins. Ce travail publié dans le New England Journal of Medicineconclut aussi que les grossesses sont légèrement moins prolongées chez les femmes opérées, que le risque de retard de croissance intra-utérin est un peu majoré et que la mortalité pré et périnatale pourrait être plus importante.

Mais les auteurs n’ont pas retrouvé d’explications rationnelles à ces données même s’ils soulignent que la chirurgie bariatrique pourrait influer par le biais de carences vitaminiques ou ioniques sur le devenir des grossesses.

98 % de by-pass

La chirurgie bariatrique pourrait influer par le biais de carences vitaminiques ou ioniques sur le devenir des grossesses.

Dans un contexte de développement de l’obésité et de recours de plus en plus fréquent à des techniques de chirurgie bariatrique chez des femmes jeunes, l’équipe du Dr Kari Johansson (Stockholm, Suède) s’est posé la question du devenir gestationnel des femmes opérées. Ces interventions sont-elles délétères pour les enfants ? Ou, au contraire, permettent-elles une grossesse plus harmonieuse ?

Au sein d’une cohorte de 651 561 femmes qui ont accouché en Suède entre 2006 et 2011, les auteurs ont retenu 670 grossesses survenues chez des femmes qui avaient eu recours à une chirurgie bariatrique. Il s’agissait dans 98 % des cas de by-pass, la technique la plus utilisée en Suède entre 2004 et 2011.

Les investigateurs ont ensuite comparé le devenir obstétrical de ces femmes à celui de femmes témoins, tirées au sort dans la population générale. Pour cela, les femmes des deux groupes ont été appariées sur leur IMC au début de la grossesse, l’année de naissance de l’enfant, le niveau d’éducation, le tabagisme et la parité.

Une prise de poids limitée pendant la grossesse

Comparées aux témoins, les femmes qui avaient eu une chirurgie bariatrique étaient en moyenne plus âgées, avec un niveau d’éducation plus faible et un index de masse corporelle (IMC) plus élevé. La proportion de fumeuses et de multipares était plus importante. Après appariement, ces différences ont pu être lissées.

En moyenne le délai entre l’intervention chirurgicale et la grossesse s’établissait à 1,8 ans. L’IMC pré-chirurgical des femmes était de 43,7 et la perte de poids moyenne entre l’intervention et le début de grossesse était de 37 kg.

En moyenne, les femmes opérées ont pris 8,8 kg au cours des 42 semaines de gestation, contre 9 kg dans le groupe contrôle.

Diabète gestationnel et poids de naissance

– Un diabète gestationnel a été diagnostiqué chez 1,9 % des femmes opérées contre 6,8 % chez les témoins appariées, généralement vers la 32ème semaine de grossesse. Moins de 1 % des femmes opérées (0,7 %) ont dû être traitées par insuline contre 3,6 % des femmes du groupe témoin.

– La proportion d’enfants nés en surpoids était de 8,6 % dans le groupe des femmes opérées contre 22,4% dans le groupe contrôle. En terme de macrosomie, les proportions étaient assez similaires : 1,2 % contre 9,5 %.

– En revanche, l’incidence des hypotrophies fœtales était plus importante chez les femmes opérées (15,6% contre 7,6 %) et les retards de croissance intra-utérins plus importants aussi (6,8 contre 4,5 %).

– La durée de grossesse était légèrement moins longue pour des femmes opérées (273 jours contre 277 jours, différence non significative).

– Le risque de prématurité était similaire statistiquement (10 % contre 7,5 %). Le risque de fausse couche ou de décès néonataux s’établissait à 1,7 % dans le groupe chirurgie contre 0,7 % chez les témoins.

– Aucune différence en termes de malformations congénitales n’a été signalée.

L’ensemble de ces données est assez rassurant sur le devenir des enfants des femmes opérées. Reste que désormais, le by-pass n’est plus la technique de référence en chirurgie bariatrique, puisque la plicature gastrique (sleeve) est devenu majoritaire dans les pays développés. Des données complémentaires seront donc nécessaires pour rassurer tout à fait les femmes opérées sur leur devenir obstétrical.

REFERENCE :

  1. Johansson K, Cnattingius S, Naslund I et coll. Outcomes of pregnancy after bariatic surgery. N Engl J Med 2015;372:814-24.?DOI: 10.1056/NEJMoa1405789

Source : http://www.medscape.fr/voirarticle/3601320    Publié le 26/02/2015

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