Bernard Boyer témoigne à l’occasion de la vingt-troisième journée mondiale, le 14 novembre

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Le diabète type 1 de Bernard Boyer, cinquante-neuf ans, s’est déclaré il y a cinq ans. Le Quinssainois raconte sa maladie.

                                     Bernard Boyer a dû être hospitalisé trois semaines il y a cinq ans, quand il a été diagnostiqué. Il gère maintenant sa maladie.? - BERNARD LORETTE

Bernard Boyer a dû être hospitalisé trois semaines il y a cinq ans, quand il a été diagnostiqué. Il gère maintenant sa maladie.? – BERNARD LORETTE

Le diabète type 2, souvent lié au mode de vie, concerne 90 % des malades. Le type 1, lui, est un arrêt brutal du pancréas, qui survient généralement très tôt. Chez Bernard Boyer, il s’est déclaré il y a cinq ans seulement.

« Certains comptent tout. Moi, je ne l’ai jamais fait : on devient esclave de sa nourriture et de sa maladie. »

Comment s’est déclarée la maladie ?

Je buvais énormément, j’avais beaucoup maigri, je me levais cinq fois par nuit pour uriner. J’avais les symptômes, mais je ne m’en rendais pas compte.

Un jour, c’était l’été, il faisait chaud, je refaisais le carrelage de la cuisine. Ma fille était là ce week-end. Elle m’a vu et a dit à ma femme « papa a beaucoup maigri ». J’avais perdu huit kilos en fait en un mois et demi. Elle a appelé le médecin.

Il a posé le diagnostic tout de suite ?

Il a détecté le diabète type 1 et a demandé des prises de sang. Après, zéro : il a tout mal géré. Au retour des analyses, je suis allé le voir. Il m’a dit « je vous mets sous insuline : six unités ». Comme je connaissais un peu, je lui ai demandé si je devais aller voir un spécialiste. Il m’a dit « non ».

Je suis allé chercher le traitement. J’ai appelé une infirmière qui m’a dit de prendre une unité d’insuline quand même, et m’a donné le numéro de l’infirmière référente à l’hôpital. Je l’ai appelée : j’ai été hospitalisé trois semaines. J’étais à cinq grammes de sucre dans le sang ! Normalement, c’est autour de 0,90. J’ai viré le médecin, qui m’a traité comme si j’avais un type 2.

Que s’est-il passé à l’hôpital ?

Ils ont tout étudié et ils ont fini par équilibrer le manque d’insuline. Il y a 99,9 % de chance que le pancréas ne redémarre pas. S’il reprend de l’activité (cela s’appelle la lune de miel), c’est pour un mois, six mois, un an… À la limite, il ne vaut mieux pas qu’il ne redémarre pas, quand on a trouvé un traitement.

En quoi consiste le vôtre ?

Ce sont les dextros, la piqûre au bout du doigt pour connaître la glycémie, avant chaque repas, voire deux heures après. Je ne le fais plus après. Le taux est relativement bien équilibré : autour de 0,70 à 1,10\1,20. Je règle l’insuline au coup à coup.

Je vais voir deux par an le diabétologue, il y en a un autre centre hospitalier de Montluçon. Tous les trois mois, j’ai une mesure d’hémoglobine glyquée, c’est le marqueur de la glycémie. Pour un diabétique, il faut rester en dessous de 7 %. Ma dernière était à 6 %, mais je le savais, grâce à mon carnet de suivi.

Une fois par an, je vais voir un cardiologue, un ophtalmologue. Le podologue est conseillé une fois par an, mais je n’y vais pas. Ce qui est important, c’est de faire attention quand on a une blessure (*).

Avez-vous changé votre mode de vie ?

Pas trop. Nous avons toujours eu une alimentation équilibrée, saine.
J’ai supprimé 95 % du sucre, et je n’en prenais pas énormément déjà. Soda, etc., ça ne m’a pas posé de problème. La confiserie, les gâteaux non plus. J’en mange toujours ! Notre fille, qui est diététicienne, nous fait souvent des pâtisseries. Et tous les jours, je mange du chocolat, mais du bon, un ou deux carrés. Je prends du plaisir sur la qualité, pas la quantité.

Il faut des féculents à tous les repas, mais certains fonctionnent mieux que d’autres. Je préfère les bonnes pâtes. Le pain, idem : je ne mange pas de pain blanc, c’est par goût.

Il y a trois diabètes : types 1 et 2 et gestationnel, et chacun le gère différemment. La condition physique, l’état psychologique comptent aussi : on n’a pas deux jours pareils, et encore moins pour deux personnes différentes.

Il faut se faire plaisir, faire attention sans se priver. Certains comptent tout. Moi, je ne l’ai jamais fait : on devient esclave de sa nourriture et de sa maladie.

Et l’activité physique ?

Je faisais un peu de vélo, du jardin, du bricolage. Et je bouge toujours beaucoup. Je n’ai pas besoin d’aller à la salle de sport.

Vous êtes trésorier de l’Association française d’aide aux diabétiques du Bourbonnais. Pourquoi vous êtes-vous engagé ?

Pendant un an et demi, je gérais mon diabète tout seul. Le camion de l’association a commencé à tourner en avril 2011. Et il y a deux ans et demi, il était à Domérat et j’ai adhéré. Aller à la rencontre des gens, ça me parlait. Les gens connaissent le diabète maintenant, mais ils ont souvent autour d’eux des gens avec des diabètes peu ou pas pris en charge. Et ce sont souvent des hommes. Les femmes sont plus attentives. Souvent, elles viennent chercher des informations pour leur mari.

Ce que je dis, c’est qu’il faut aller voir un diabétologue : le médecin traitant ne connaît pas tout. Sinon, pourquoi y aurait-il des spécialistes ?

(*) Le diabète, s’il n’est pas suivi, peut entraîner des complications : accident vasculaire cérébral, hypertension, infarctus du myocarde, cécité, insuffisance rénale, amputation des pieds.

Propos recueillis par Seher Turkmen

Source : http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/allier/2014/11/08/bernard-boyer-temoigne-a-loccasion-de-la-vingt-troisieme-journee-mondiale-le-14-novembre_11211843.html   Publié le 08/11/2014

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