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Le rhume et le diabète de type 2

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Nous revoilà en pleine saison des rhumes. Dans mon travail de pharmacien et d’éducateur agréé en diabétologie, on me demande souvent en automne et en hiver « Avez-vous quelque chose pour le rhume? » ou simplement « Avez-vous quelque chose pour me soulager? » Bien qu’il n’y ait pas de cure pour le rhume et que l’on ne puisse pas faire disparaître les symptômes d’un coup de baguette « thérapeutique », il existe quand même toute une variété de produits qui peuvent atténuer les symptômes du rhume et de la toux. Si la personne est en assez bonne santé, on peut y aller par déduction et trouver un produit qui l’aidera à soulager ses symptômes au cours des sept à dix jours de son rhume.

159257 f260 Le rhume et le diabète de type 2Par contre, le scénario est moins clair lorsqu’un patient prend d’autres médicaments, qu’il est atteint d’une maladie comme la néphropathie ou l’hypertension artérielle, ou qu’il est diabétique.

Il est essentiel d’aider nos patients à choisir un produit qui atténuera les symptômes misérables du rhume sans aggraver les autres maladies dont ils sont atteints.

Le diabète est une maladie qui demande un peu de « fignolage » pour choisir le bon produit. Les produits « sans sucre », « naturels » ou « parallèles » ne sont pas toujours les meilleurs parce que certains de leurs ingrédients actifs peuvent poser des problèmes : ils peuvent notamment faire monter la glycémie ou l’hypertension artérielle, ou causer du stress aux reins (des problèmes courants chez les diabétiques). Après une courte discussion pour éduquer le patient, on peut habituellement choisir un produit qui atténuera ses symptômes tout en n’ayant qu’un minimum d’impact sur son diabète et sa glycémie.

Dans l’article qui suit, nous proposons une façon pratique de choisir les produits que les diabétiques peuvent prendre lorsqu’ils ont le rhume, et nous expliquons pourquoi il faut éviter certaines classes de produits lorsque ces patients aussi d’autres maladies.

La glycémie peut monter quand on est malade!

Il est important de réaliser que, lorsqu’une personne diabétique a le rhume, son organisme « combat » le rhume, ce qui produit un stress sur l’ensemble de son organisme et peut faire fluctuer sa glycémie. Le stress peut être attribuable au rhume comme tel ou aux changements diététiques qui se produisent pendant la maladie. Un gros rhume (une maladie virale), à lui seul, peut faire monter la glycémie sans l’aide de médicaments en vente libre ou autres. Autrement dit, lorsque les patients sont malades, ils devraient vérifier leur glycémie plus souvent pour suivre de près ce qui se passe dans leur corps. Cette mesure est importante parce que la plupart des diabétiques tiennent pour acquis que, parce qu’ils mangent moins, leur glycémie est plus basse. En fait, la glycémie a tendance à monter. C’est un mécanisme de défense contre le virus qui aide le corps à combattre les effets de la maladie.

Vérifier les médicaments et les interactions

Il est important de rappeler aux patients diabétiques de toujours communiquer avec un fournisseur de services de santé, et surtout leur pharmacien, avant de prendre un médicament en vente libre. Beaucoup des médicaments pour le rhume vendus sans ordonnance contiennent de multiples ingrédients, dont certains sont compatibles avec le diabète et ses complications, mais dont d’autres ont des effets indésirables. Les produits naturels ou herbologiques devraient toujours être vérifiés au même titre que tout autre médicament sur ordonnance.

Les catégories de médicaments en vente libre communément utilisés pour soulager les symptômes du rhume sont les décongestionnants, les antihistaminiques, les analgésiques/antipyrétiques, les antitussifs, les expectorants et les remèdes traditionnels ou simples.

Les décongestionnants soulagent la congestion nasale caractéristique du rhume. Sous forme orale, la plupart des décongestionnants courants contiennent de la pseudoéphédrine (Sudafed®) et de la phényléphrine (Dimetapp®). Les décongestionnants oraux forment la catégorie de médicaments qui risquent le plus de faire monter la glycémie et la tension artérielle. Ils peuvent faire monter la glycémie en empêchant la sécrétion d’insuline, en diminuant le captage du glucose dans les tissus périphériques et en stimulant la dégradation du glycogène. L’effet vasoconstricteur de ces médicaments peut aussi faire monter la tension artérielle. Les patients diabétiques devraient réellement consulter leur fournisseur de services de santé avant de prendre un décongestionnant oral. Parfois, un médicament pris à dose plus faible ou à un moment de la journée plus propice peut avoir moins d’effets indésirables tout en procurant le soulagement recherché.

Comme solution de rechange, on peut prendre des décongestionnants topiques tels que des vaporisateurs nasaux contenant 0,1 % de chlorhydrate de xylométazoline (Otrivin®), 0,5 % de phénylnéphrine et 0,2 % de phéniramine 0,2 % (Dristan®), qui ont un effet plus localisé et moins généralisé. Le problème le plus fréquemment posé par les décongestionnants topiques est le phénomène de la rhinite médicamenteuse. Celle-ci se produit lorsqu’on utilise le vaporisateur nasal en quantités plus grandes que la quantité recommandée ou pendant plus de deux ou trois jours et que, par conséquent, les symptômes deviennent considérablement pires ou même chroniques, ce qui fait que le patient doit les utiliser continuellement dégager ses voies nasales. Bien que la rhinite médicamenteuse soit moins courante qu’elle ne l’était autrefois, il est quand même nécessaire d’éduquer les patients pour que l’usage des décongestionnants nasaux ne leur cause pas de problème.

Les antihistaminiques, plus couramment utilisés pour traiter la rhinite allergique, peuvent avoir certains avantages dans le traitement du rhume parce qu’ils réduisent les écoulements nasaux et les éternuements. Parmi les produits en vente libre bien connus, on retrouve les antihistaminiques traditionnels qui causent de la somnolence – la diphenhydramine (Benadryl®) et le chlorphéniramine (Chlor-Tripolon®). Les antihistaminiques non traditionnels qui ne causent pas de somnolence sont la loratadine (Claritin® et d’autres marques commerciales), la cétirizine (Reactine® et d’autres marques commerciales), la desloratidine (Aerius® et d’autres marques commerciales). Cette classe de médicaments n’a pas d’effet sur la glycémie. Encore une fois, il faut agir avec prudence car les antihistaminiques se retrouvent souvent dans des produits dont certains autres ingrédients actifs peuvent poser des problèmes.

Les analgésiques soulagent la douleur et les courbatures causées par le rhume. Ce sont aussi des antipyrétiques qui font baisser la fièvre.

Dans cette catégorie, on retrouve des médicaments en vente libre tels que l’aspirine, l’acétaminophène (Tylenol®), l’ibuprofène (Advil®) et le naproxène (Aleve®). Bien qu’il soit recommandé aux patients diabétiques de prendre une faible dose d’aspirine (81 mg à 325 mg par jour) comme mesure de prévention secondaire des maladies cardiovasculaires (ce qui est remis en question, certaines études démontrant que cette pratique n’apporte que peu ou pas d’avantages), l’aspirine et d’autres médicaments à base d’acide salicylique peuvent, à dose très élevée, causer l’hypoglycémie et par conséquent, les patients diabétiques devraient éviter ces médicaments. L’aspirine, à quelque dose que ce soit, ne devrait jamais être administrée à des enfants ayant une infection virale, parce que l’aspirine peut provoquer une maladie grave connue sous le nom de syndrome de Reye. L’acétaminophène est probablement l’analgésique/antipyrétique le plus sécuritaire pour les diabétiques. L’ibuprofène (Advil®, Motrin® et d’autres marques commerciales) et le naproxène (Aleve®) n’ont pas d’effet important sur la glycémie mais devraient être utilisés avec prudence par les patients atteints de néphropathie.

Les agents antitussifs aident à supprimer la toux. L’ingrédient actif qui se retrouve le plus communément dans cette classe de produits est le dextrométhorphane (DM). La diphenhydramine, un antihistaminique décrit plus haut, peut également avoir des propriétés antitussives, mais elle est envisagée en « seconde intention », c’est-à-dire moins pour la toux. Les produits contenant de la codéine sont disponibles derrière le comptoir du pharmacien, sans ordonnance, mais sont combinés avec d’autres ingrédients qui peuvent donner un « signal d’alerte » pour nos patients diabétiques. Aucun de ces médicaments de suppression de la toux n’affecte beaucoup le contrôle de la glycémie. Les produits de la classe des « antitussifs » peuvent être vendus comme produits à ingrédient unique (Delsym, DM – sirops, etc.), mais se retrouvent plus couramment dans un « produit multi-symptômes », ce qui est préoccupant pour les patients diabétiques.

Les expectorants sont la dernière grande catégorie de produits utilisés pour le traitement des symptômes du rhume. Ils rendent la toux plus productive. L’ingrédient actif le plus communément retrouvé dans cette catégorie est la guaifénésine, qui n’affecte pas le contrôle de la glycémie. Certains expectorants comme Robitussin®, Benylin®-E® et les sirops expectorants de marques commerciales n’ont qu’un seul ingrédient actif. La guaifénésine est également souvent combinée avec d’autres ingrédients dans des produits multi-symptômes pour le rhume et, pour cette raison, il faut bien lire les étiquettes.

Les approches simples et topiques sont souvent mises de côté, mais elles apportent souvent le soulagement que les patients recherchent.

Les pastilles mentholées telles que Fisherman’s Friend® peuvent soulager l’irritation de la gorge et dégager les sinus. Ces pastilles sont disponibles dans les variétés ordinaires et « sans sucrose ».

On peut également employer des solutions salines pour diluer le mucus et faciliter la respiration. Les gargarismes faits d’un rince-bouche dilué peuvent, eux aussi, soulager le mal de gorge et atténuer les symptômes du rhume sans affecter la glycémie.

Les produits conçus pour réduire la gravité et la durée des rhumes tels que ColdFx® sont habituellement sécuritaires pour les patients diabétiques et peuvent apporter un certain soulagement.

Mises en garde

Tous les produits pour la toux et pour le rhume en vente libre ont, sur leur emballage, une « MISE EN GARDE » habituellement très complète que les patients diabétiques devraient lire. Cette mise en garde leur permettra de savoir s’ils peuvent utiliser le produit en toute sécurité.

Points clés à considérer pour les patients diabétiques

Les patients diabétiques de type 1 ou de type 2 qui ont le rhume seront, dans une certaine mesure, hyperglycémiques, selon leurs variations individuelles.

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Questions liées aux produits :

1. Quelle est la véritable teneur en sucre du produit choisi, et est-ce préoccupant? La plupart des produits sont fabriqués pour n’avoir qu’un minimum de valeur calorifique par dose. La plupart des sirops pour la toux n’ont que cinq calories ou moins par dose. Bien que la teneur en sucre de certains produits à prendre le soir, comme NeoCitran® ou Nyquil®, aient une plus forte teneur en sucre, c’est à nous d’aider le patient à décider s’il peut prendre ces produits en toute sécurité.

2. Le produit contient-il un décongestionnant qui affecte la glycémie et la tension artérielle? Est-ce une préoccupation pour le patient diabétique qui est là devant nous?

3. Faut-il faire attention à l’utilisation d’aspirine et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène et le naproxène sodique? Pensez aux reins et à la tension artérielle du patient.

Questions liées aux patients :

1. Comment le patient gère-t-il son diabète? Si le programme de traitement du patient repose sur le régime alimentaire et l’exercice, il sera plus facile pour lui d’utiliser des produits en vente libre pour atténuer les symptômes du rhume. Si le patient prend des comprimés hypoglycémiques, du Victoza® ou de l’insuline, il faut bien examiner les interactions médicamenteuses.

2. Le patient fait-il de l’hypertension artérielle? Si oui, comment gère-t-il son hypertension? Encore une fois, si le patient a un régime alimentaire, qu’il fait de l’exercice et qu’il gère son stress, il lui sera plus facile de prendre des produits en vente libre pour son rhume. S’il traite son hypertension artérielle à l’aide de médicaments, il faut alors résoudre la question des décongestionnants.

3. Le patient ou un membre de son équipe de soins de santé a-t-il exprimé une préoccupation au sujet du fonctionnement de ses reins? Si oui, le mieux serait d’éviter l’ibuprofène et le naproxène, et de choisir un produit plus sécuritaire comme l’acétaminophène.

4. À combien s’élève sa glycémie présentement? La glycémie peut indiquer si le patient gère bien son diabète. Si le diabète n’est pas bien géré, il est préférable pour nous d’adopter une approche plus conservatrice pour traiter les symptômes du rhume.

Autosurveillance

Si nous insistons sur l’importance d’autosurveiller la glycémie et la tension artérielle, nous encourageons le patient à garder l’œil ouvert sur les effets indésirables des médicaments.

De plus, il faut faire comprendre au patient que :

1. si sa fièvre persiste ou monte, et/ou

2. s’il a de la difficulté à respirer ou que sa respiration devient ardue, et/ou

3. si le mucus devient foncé ou strié de sang, il faut alors faire une recherche plus poussée et le patient doit aller chez son médecin de famille ou dans une clinique.

Restez simple pour éviter les complications

Lorsque le patient présente plusieurs « signaux d’alarme », nous devons choisir un traitement qui lui apportera un soulagement sans aggraver les autres maladies dont il est atteint.

À cet égard, les traitements « traditionnels/simples » sont souvent les meilleurs. Une solution saline en vaporisateur, les pastilles au menthol Fisherman’s Friend® sans sucrose, les onguents au camphre (Vicks® Vapor Rub), les inhalateurs au camphre (Vicks®), les gargarismes à l’eau salée ou faits d’un rince-bouche dilué sont tous des produits qui peuvent soulager les patients diabétiques des symptômes du rhume.

N’oubliez pas d’opter pour la simplicité et la sécurité. Si l’on pose certaines questions, on peut habituellement donner quelques suggestions qui aideront le patients à se rétablir plus rapidement.

Diplômé de l’Université Dalhousie à Halifax, Nouvelle-Écosse, en 1984, Robert Roscoe a terminé le programme de résidence en pharmacie en milieu hospitalier à l’Hôpital régional de Saint John, Nouveau-Brunswick, en 1985. Il a travaillé dans divers hôpitaux des provinces Maritimes jusqu’en 1988, lorsqu’il a fortuitement trouvé sa voie dans la pharmacie de détail. Il a commencé à travailler à Kennebecasis Drugs (une pharmacie indépendante) à Rothesay en 1989. Il s’est intéressé au diabète dès le début de 1990, lorsqu’il a commencé à aider ses clients à se procurer des pompes à insuline et les fournitures connexes. Il est allé de l’avant au cours de la décennie suivante tout en envisageant d’obtenir un certificat d’éducateur agréé en diabétologie. Avec l’encouragement de ses collègues et congénères professionnels de la santé, et surtout ses patients, M. Roscoe réussi les examens d’éducateur agréé en diabétologie en 2004.

Source : http://www.guidesurlediabete.com/le-rhume-le-diabete-de-type-2/

Attention au niveau des publications, au sein de la communauté francophone, les réglementations, médicaments et recommandations officielles ne sont pas toujours identiques d’un pays à l’autre.

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